Spider-Man: Across the Spider-Verse : comment Gwen est devenue une icône trans, et pourquoi c’est une bonne nouvelle

"PROTECT TRANS KIDS"

Spider-Man: Across the Spider-Verse : comment Gwen est devenue une icône trans, et pourquoi c’est une bonne nouvelle

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© Sony Pictures

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Par Flavio Sillitti

Publié le , modifié le

Des théories Twitter défendent la transidentité de l’héroïne du film animé, envoyant par la même occasion un réconfortant message de représentation.

Depuis sa sortie le 31 mai dernier, le film Spider-Man: Across the Spider Verse n’en finit pas de faire parler de lui. Long-métrage le mieux noté de l’Histoire de l’application de critiques Letterboxd, unanimement qualifié par les fans de chef-d’œuvre visuel (mais pas forcément sonore…), le deuxième volet des aventures animées de Miles Morales fait parler de lui pour une raison inattendue : le personnage de Gwen Stacy, l’icône queer qu’on n’attendait pas.

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Comme beaucoup d’autres grandes révélations, tout commence sur Twitter, lorsque plusieurs fans de la saga pointent du doigt les multiples allusions à l’identité transgenre au sein du récit de Gwen Stacy. Malgré l’absence de confirmation chez Sony, la Spider-Woman introduite dans le premier volet de la trilogie Marvel, est ainsi devenue une icône et un modèle pour la jeunesse trans.

Des indices solides

Tout d’abord, il y a son costume. Évidemment, il serait tentant de tirer des conclusions hâtives sur la base des couleurs d’un équipement de super héroïne, mais ce n’est un secret pour personne que la confection de ces tenues n’est jamais dénuée de sens et de signification. En mêlant le bleu ciel, le rose et le blanc, la tenue de Gwen Stacy reflète ainsi les trois couleurs du drapeau trans.

Ensuite, plusieurs éléments cachés dans les décors où évolue le personnage sont liés à l’identité transgenre : le drapeau trans sur l’uniforme de police de son père, le pin’s aux couleurs trans qu’elle porte durant le film ou, de façon plus évidente, la pancarte “Protect Trans Kids” affichée dans sa chambre.

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Il y a finalement cette scène clé du récit de Gwen Stacy, durant laquelle elle s’ouvre à son père pour lui dévoiler sa véritable identité (celle de Spider-Woman). La scène reprend les codes du coming out que beaucoup de personnes queers connaissent très bien. Le style d’animation somptueux et très abstrait de son univers voit ici s’inviter des teintes de rose, de bleu et de blanc tout au long de la séquence, jusque dans les cheveux de l’héroïne, renforçant davantage cette idée de lien avec le récit transgenre.

Le groupe Twitter francophone de fans Mighty Comics aborde dans un thread détaillé les volontés d’aborder le sujet du coming out dans ce second film.

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Il n’en fallait pas plus pour enflammer Twitter, alors qu’une frange de twittos crie à la propagande LGBTQIA+, affirmant avec insistance que Gwen Stacy est bel et bien cisgenre, et que les arguments qui contredisent cela ne sont pas valables. Une montagne de réactions négatives face à cette rumeur s’est donc fait entendre sur le réseau social, générant toujours plus d’attention, pour le meilleur et pour le pire.

Une représentation positive (mais toujours trop lente)

Heureusement, on s’intéresse ici au meilleur. Comme beaucoup d’utilisateur·rice·s le soulignent, peu importe si le personnage de Gwen Stacy est transgenre ou ne l’est pas. Son récit et l’esthétique de son univers sont gorgés de points d’accroche pour une jeunesse queer et trans qui en a besoin.

“Les fans trans (et même cis) ont tout à fait le droit de dire que Gwen Stacy est trans, même si les films ne le confirment jamais ouvertement. Vous ne pouvez pas nier que cela n’a pas été suggéré [dans le film]. Le fait est que si son personnage permet à quelqu’un de se sentir représenté, qui êtes-vous pour lui dire qu’il a tort ?”

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“La polémique ‘Gwen Stacy est ou n’est pas trans’ me semble plutôt relever du fait que les spectateurs ne savent pas comment lire les films. Il peut simplement s’agir d’une allégorie facilitant les thèmes classiques du passage à l’âge adulte et de l’identité des marginaux de Spider-Man. Il s’agit d’un sous-texte subjectif, pas d’un point légitime de l’intrigue.”

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Une représentation qui est bienvenue, mais trop lente et timide que pour être applaudie à chaudes mains. Pour rappel, la puissante firme Marvel promettait dès 2020 l’inclusion de davantage de personnages LGBTQIA+ pour la prochaine décennie. Or, jusqu’ici, peu (voire pas) de narratives queers ont pris une place assez importante pour offrir de véritables messages d’inclusivité à travers une production Marvel.

Pourtant, les personnages ouvertement queers dans l’univers comics ne manquent pas, mais leur identité queer dans les films n’est jamais réellement abordée : Loki dans la série du même nom, Iceberg dans la saga X-Men, America Chavez dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Ayo dans Black Panther.

L’exemple de Gwen Stacy prouve pourtant que toute une communauté attend inlassablement une représentation plus digne. Dans un univers cinématographique qui ne semble aujourd’hui connaître aucune limite, quelle qu’elle soit, on peut s’attendre à mieux.