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J’ai écouté pour la première fois Mode de vie… Béton style du Rat Luciano

J’ai écouté pour la première fois Mode de vie… Béton style du Rat Luciano

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Par Konbini

Publié le , modifié le

À 24 ans, je décortique un des classiques du rap français. Je vous donne mon ressenti.

J’ai 24 ans, je suis journaliste musique et en tant que mordu de rap, j’ai des devoirs à faire. Quand je parle de “devoirs”, je parle d’écouter des albums et des morceaux qu’une personne qui se revendique “passionnée” a entendus. La discographie du Rat Luciano fait partie de ma liste de choses à grignoter.

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Quand on parle de musique et de morceaux, qu’est-ce que je connais du Rat Luciano ? Je l’ai écouté récemment sur “Fantôme”, le titre qu’il partage avec SCH et Jul, mais aussi sur “Sale môme” avec Niro. J’ai dégusté il y a quelques années son couplet sur “On sait l’faire” avec 113 et Booba (quel plaisir, celui-là). J’ai aussi écouté l’album Si Dieu veut… de la Fonky Family et l’étape d’après, pour moi, c’était d’aller découvrir le seul et unique album solo du Luch, Mode de vie… Béton style (2000).

Singularité

À la première écoute de Mode de vie… Béton style, je découvre Le Rat Luciano que je connais déjà un peu. Une technique unique qui le rend reconnaissable, même sur un titre de 13’Organisé (tu sais, ce projet où 35 rappeurs se partagent un morceau), une écriture et des placements de rimes tellement précis qu’il est en fait impossible d’être rassasié après une seule écoute.

Cet album du Luch se déguste, encore et encore. Sa technique particulière nécessite de se concentrer pour en comprendre tous les arômes. Je n’ai pas hésité à me plonger dans Genius pour décortiquer tout ce que Le Rat avait à dire et je crois que ce passage est obligatoire.

Le Marseillais n’hésite pas à prendre le beat par surprise. C’est très rare de le voir avec un flow monotone sur un morceau complet. Cette signature, c’est le signe qu’on est face à un rappeur archi-talentueux et j’aime cette manière d’appréhender la prod et de jouer avec. Cette approche rend les morceaux agréables à l’oreille, mais difficile à comprendre après une seule et unique écoute.

Family > Fonky ?

J’ai pris un vrai plaisir à me plonger dans les textes du Rat Luciano. C’est beau, bien raconté, sincère et encore une fois : technique. Ses doutes, la rue, sa vie d’adulte… Luch n’est pas là pour en faire trop et cette simplicité lui va bien. Ce que j’ai peut-être un peu moins apprécié sur Mode de vie… Béton style, c’est l’ambiance années 1980 de certaines productions.

De ce que j’ai compris, c’est un véritable parti pris de DJ Pone et du Rat Luciano sur ce projet. Serais-je plus sensible au côté “Family” que “Fonky” de l’univers du Marseillais ? J’en ai bien l’impression. Quand j’écoute “Sacré”, single de l’album, et que je raconte au Captain Nemo que je ne suis pas fan du morceau, je comprends qu’il y a quelque chose que je ne capte pas encore. Mais à force d’écoutes et de curiosité, qui sait ?

Une question de compréhension

Sur un album de 19 titres, qui signifie 1 heure et 11 minutes d’écoute, cette vibe a tendance à me faire ressentir de la redondance. Je sais que Le Rat Luciano est fort, que 19 titres, ce n’est pas forcément synonyme d’excès, mais dans l’ère que nous sommes en train de vivre, j’ai le sentiment d’entendre les mêmes sonorités un peu trop souvent.

Comparer un album sorti en 2000 avec l’état actuel du rap français n’a pas vraiment de sens et ce n’est pas ce que j’essaie de faire quand je parle de redondance. Ce que je veux dire, c’est que mes goûts et que ma consommation quotidienne de musique ne me permettent certainement pas d’apprécier Mode de vie… Béton style à sa juste valeur.

Je reconnais pourquoi Le Rat Luciano est une légende et les raisons qui font de ce projet un classique du rap français, mais ça ne veut pas dire que je vais me replonger quotidiennement dans la discographie de l’artiste. Avec cette écoute, je décode un peu plus son importance dans l’histoire de cet art et la fascination d’un SCH ou d’un Jul, par exemple, pour sa musique. Plus qu’écouter, j’aime comprendre, alors je considère que l’objectif est rempli. Et merci Le Rat, merci Marseille.

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