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Sex, drugs and… dépression : l’enfer de la tournée

Publié le

par Thibault Prévost

Sex, drugs and… dépression : l’enfer de la tournée

La tournée, dernier gagne-pain des artistes

Les 522 musiciens sondés, dont plus de la moitié évoluent dans la musique classique, ont ainsi reconnu souffrir majoritairement des “horaires anti-sociaux” (84%), des problèmes d’argent (82%), de la précarité (79%) et des problèmes de santé liés au rythme des tournées (dont des micro-traumatismes répétés, présents chez 48% des sondés).
Les résultats recoupent ceux d’une autre étude de 2012, qui montrait qu’un tiers des musiciens professionnels vivait sans couverture santé. D’un autre côté, les problèmes les moins fréquemment cités sont l’addiction à l’alcool et aux drogues. Tant pis pour les stéréotypes.
Les changements survenus ces dernières années dans les habitudes de consommation, en premier lieu desquels le téléchargement – devenu, le 14 avril, plus rentable que le CD, ont entraîné une profonde mutation du marché musical. Avec des conséquences inattendues pour le métier de musicien : alors qu’hier (ou plutôt avant-hier) encore, vendre des disques suffisait à vivre de sa musique, la désintégration du marché a redirigé l’essentiel des revenus des artistes vers les concerts.
Dans son dernier classement des 40 artistes les plus rentables de l’année, le magazine musical Billboard révèle que, sur un total de 584 millions de dollars de recettes répartis – très inéquitablement – entre les différentes formations, 80,4% des recettes proviennent des concerts. Contre 13% en provenance de la vente de disques. Aujourd’hui, le salaire d’un musicien (et celui de sa maison de disques) se gagne sur scène et non en studio. Effet secondaire de ce rapport de proportionnalité : des rythmes impossibles, que certains ne parviennent plus à supporter, tout célèbres qu’ils soient.

Zayn Malik et les autres

Le 25 mars dernier, Zayn Malik, membre de One Direction (1D, pour les intimes), brisait des cœurs d’adolescentes par millions en annonçant son départ du groupe après avoir filé à l’anglaise en pleine tournée asiatique. Un burn-out précoce qui trouve ses racines dans la surexposition médiatique permanente entourant le jeune homme de 22 ans, mais aussi par la fatigue liée au rythme imposé par les tournées successives, dont il s’était déjà plaint dans une interview donnée en 2012, indique le Guardian.
Coïncidence ? Selon un classement de Forbes, One Direction a été le groupe le plus rentable de l’année 2014 en tournée, et de loin, avec 290 millions de dollars de recettes engrangés pendant le Where We Are Tour (dont environ huit millions de dollars d’argent de poche pour chacun des cinq membres).
Entre 2013 et 2014, le quintette aura enchaîné 189 dates, dont 120 pour la seule année 2013. En 2015, la bien-nommée tournée On the Road Again, débutée en février, emmènera les quatre membres restants dans un marathon de 81 dates. Dans le même temps, les increvables Stones, médaille de bronze du classement Forbes avec 143 millions de dollars récoltés au fil du 14 On Fire Tour, n’auront enchaîné que 29 dates – une de moins qu’en 2013. Eux, ils ont déjà donné.