Troye Sivan et Pedro Pascal ont porté ce t-shirt (et si vous aimez la communauté trans, vous devriez le porter aussi)

Protect the Dolls

Troye Sivan et Pedro Pascal ont porté ce t-shirt (et si vous aimez la communauté trans, vous devriez le porter aussi)

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© Henry Redcliffe

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Par Flavio Sillitti

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La pièce signée Conner Ives aperçue sur la scène de Coachella reverse tous les bénéfices liés à sa vente à l'association américaine Trans Lifeline.

Si, comme chaque année, les styles et les fulgurances de swag ont déferlé sur les plaines de Coachella le week-end dernier, une pièce en particulier a attiré notre attention : un simple T-shirt blanc, orné de la mention « Protect the Dolls », porté par Troye Sivan le nouveau prince des gays (et des twinks), alors qu’il embrasait la scène aux côtés de sa comparse Charli xcx. Porté plus tôt dans l’année par Pedro Pascal ou Haider Ackermann, c’est la pièce que vous devriez avoir dans votre garde-robe, et c’est pour la bonne cause.

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Aperçu pour la première fois à la London Fashion Week à la fin du défilé du designer américain Conner Ives, le T-shirt « Protect the Dolls » permet de venir en aide aux personnes trans touchées par le gouvernement américain de Donald Trump. En effet, l’entièreté des bénéfices générés par la vente de la pièce est reversée à l’association américaine Trans Lifeline, une plateforme de mise en en relation entre les personnes trans et les soutiens et ressources dont elles ont besoin pour survivre et s’épanouir. Selon Vogue, les ventes du T-shirt ont déjà permis à Conner Ives de récolter plus de 70 000 dollars pour l’association.

Dans un post Instagram, le créateur a rappelé l’importance de s’engager à sa manière, avec ses armes, quelles qu’elles soient : « Des ressources comme celle-ci sont plus importantes que jamais, compte tenu de l’hostilité et de l’oppression que le gouvernement fédéral a adoptées à l’égard des personnes transgenres en Amérique. Je ne serais pas là où j’en suis sans le soutien que m’ont apporté les dolls, c’est donc le moins que je puisse faire pour les remercier. » Le T-shirt « Protect the Dolls » est disponible en ligne au prix de 75 livres sterling.

Plus tôt dans l’année, c’est l’acteur Pedro Pascal qui arborait le fameux T-shirt pour souffler sa cinquantième bougie, qu’il a fêtée aux côtés, notamment, de la productrice transgenre Honey Dijon. Depuis plusieurs années, Pedro Pascal est un fervent défenseur des droits LGBTQIA+, et tout particulièrement de la communauté trans dont fait partie sa sœur, Lux Pascal. Dans un post partagé en février dernier, la star de The Last Of Us partageait : « Je ne vois rien de plus vil, de plus petit et de plus pathétique que de terroriser la plus petite et vulnérable des communautés de personnes, qui ne vous demandent rien d’autre que le droit d’exister. »

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Pourquoi protéger les dolls ?

Déjà parce que la protection des « dolls », surnom attribué aux femmes transgenres par la communauté ballroom des années 1980, est une affaire qui devrait tous et toutes nous concerner, notamment en France. Selon le rapport annuel de 2024 mené par l’association SOS Homophobie, « 2 377 cas de LGBTphobies ont été recensés en France en 2023, dont 21 % de nature transphobe. » Soit 500 actes, contre 227 l’année précédente. « Depuis 2020, la transphobie est en augmentation », affirme l’association, qui dénonce une « vague ». 

Dans une tribune publiée dans Politis en avril 2024, plus de 800 collectifs et personnalités politiques, artistiques, militantes et intellectuelles dénoncent les attaques contre les droits trans et reproductifs menées par les partis politiques « Les Républicains, Rassemblement National, Reconquête, des grands médias et des maisons d’édition » : « Les réactionnaires cherchent à installer dans le débat public l’idée que les personnes trans sont un danger : pour les enfants, pour la société et pour elles-mêmes. »

Ailleurs, l’hostilité contre la communauté trans se manifeste également au niveau gouvernemental, comme dans l’Amérique de Donald Trump. Peu après son investiture du 20 janvier dernier, l’un des premiers décrets signés par le président américain visait à affirmer que « la politique des États-Unis est de reconnaître deux sexes, l’homme et la femme », mettant en péril l’encadrement des soins de réaffirmation de genre pour les jeunes personnes transgenres, interdisant aux personnes transgenres de servir dans l’armée et excluant les femmes transgenres de la compétition dans les sports féminins.

Conséquence directe des décisions du président Trump : les personnes non-binaires et transgenres ont vu leur genre attribué à la naissance réapparaître sur leurs papiers d’identité, comme l’a documenté l’actrice Hunter Schafer, connue pour son rôle dans la série Euphoria, et qui a eu la mauvaise surprise de voir la mention « M » (« Male ») figurer sur son passeport suite à un récent remplacement de document. “Je ne cesserai jamais d’être trans, et une lettre dans un passeport ne pourra pas changer ça, j’emmerde cette administration” a partagé l’actrice sur ses réseaux sociaux.

En Angleterre, finalement, la Cour suprême britannique a décrété ce mercredi 16 avril que seul le genre définissait une « femme » aux yeux de la loi, une décision clivante qui pourrait avoir des conséquences sur la situation des personnes transgenres dans le pays. Une question qui divise depuis des années les personnes engagées pour les droits LGBTQIA+ et les militantes du féminisme critique de genre (ou TERFisme), qui considèrent les femmes trans comme des hommes, et remettent les théories d’identité de genre sur le compte des oppressions patriarcales. L’association Stonewall juge l’arrêt britannique d' »incroyablement inquiétant pour la communauté transgenre et tous ceux d’entre nous qui la soutiennent. » 

Avec son T-shirt « Protect the Dolls », Conner Ives se réapproprie la tendance des « pièces à slogans » pour la bonne cause, et profite de l’exposition des figures du monde de l’entertainment pour faire résonner son message, sur les réseaux sociaux ou sur la scène de Coachella. Et si le prix du T-shirt vous rebute (on vous comprend) ou que le modèle ne vous plaît pas (on ne vous comprend plus), il reste bon de rappeler qu’en France aussi, d’autres façons de venir en aide à la communauté trans existent, et le travail sur le terrain est mené chaque jour par des associations comme Fransgenre, OUTrans, Trans Santé France et bien d’autres répertoriées sur cette cartographie. Protégez les poupées.