Ninho : le prix à payer, dont l’artiste est coproducteur, décrit son ascension et les vertiges de la célébrité, du point de vue du rappeur et de ses proches. « On voulait aussi montrer ce qu’est le rap français aujourd’hui, qui sont ses acteurs que l’on connaît peu », explique Thibaut de Longeville, réalisateur, avec Yanis Tiliouine.
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William Nzobazola, à l’état civil, est un pilier du genre en France. Il cumule aujourd’hui 8,6 millions d’auditeurs mensuels sur la plateforme de streaming Spotify et a rempli deux fois le Stade de France, avec des titres qui oscillent entre violence de la rue, trafic de drogue et quête de revanche.
Pour ce documentaire, des caméras l’ont suivi à partir de 2022, jusque dans des moments très intimes, comme l’enterrement de son père. « Être dans une telle intimité, c’est périlleux », note Yanis Tiliouine. « Il a fallu beaucoup filmer pour qu’il me fasse suffisamment confiance. » Le documentaire laisse d’abord entrevoir l’enfance du « Jefe », son surnom, en région parisienne et les premiers succès d’un acharné des studios, après une enfance chaotique parsemée de bagarres.
Comme un fil rouge, le casting très réduit de proches interviewés dessine les contours d’un homme « qui a toujours voulu percer dans le rap, mais n’a pas voulu devenir une vedette », témoigne un ami. Il a même hésité plusieurs fois à raccrocher.
D’après Thibaut de Longeville, « il y a un vrai mystère autour de Ninho. C’est super intéressant d’avoir un artiste au sommet qui te dit qu’il va peut-être arrêter. » Dès les premières années de sa carrière, l’argent et le succès ont rapidement attiré jalousies et intimidations, selon son entourage. Des litiges, aussi, avec son ancien producteur, autour de la rétribution de l’artiste.
Ces sujets sont évoqués dans le documentaire uniquement du point de vue de Ninho et de son entourage, sans contradictoire. « Il y a un parti pris narratif. C’est le film de Ninho et c’est son histoire », justifie Thibaut de Longeville.











