Quand Alain Juppé fustige des jeunes qui distribuent des repas aux sans-abri

Quand Alain Juppé fustige des jeunes qui distribuent des repas aux sans-abri

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Par Virginie Cresci

Publié le

“Il nous a dit que nous favorisions l’assistanat”

“À notre grande surprise, il est venu nous parler”, raconte une bénévole au journaliste. Les jeunes s’attendent alors à recevoir des encouragements ou des félicitations de la part d’Alain Juppé, mais à la place, ils n’auront que des réprimandes. “Il nous a dit que nous étions des inconscientes, que nous favorisions l’assistanat”, témoigne Sarah, lycéenne. “J’ai tenté très calmement d’engager un dialogue, poursuit la jeune fille, de comprendre pourquoi il nous interpellait de la sorte, mais la discussion était impossible, il était très énervé.”
Plus tard dans la conversation, Alain Juppé reproche aux bénévoles de créer “des troubles à l’ordre public.” Ceux-ci poursuivent alors leur chemin… avant de retomber sur le maire, rue des Augustins. Une membre de la Gamelle bordelaise amorce alors la conversation, mais Alain Juppé poursuit sa joute verbale, et accuse le collectif de “fidéliser” les sans-abri, qui selon lui sont coupables “d’abuser de la boisson et de causer des nuisances sonores”.“Nous distribuons des repas, et des bouteilles d’eau, pas de l’alcool, rétorque une bénévole, nous ne cherchons à fidéliser personne.”

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“Nous étions venus participer à une bonne action, nous repartons avec une leçon de morale magistrale”

Le collectif est déçu de la réaction du maire de Bordeaux. “Nous étions venus participer à une bonne action, une action solidaire. Nous repartons avec une leçon de morale magistrale. C’est injuste”, témoigne un bénévole. Du côté de la mairie, on tente de réparer les pots cassés. Ludovic Martinez, le directeur de cabinet d’Alain Juppé, a donné une réponse désastreuse à Laurent Perpigna :

“On a beaucoup de problèmes à Bordeaux, à cause d’une recrudescence de marginaux. Beaucoup sont en errance avec des chiens, et beaucoup de Bordelais s’en plaignent […] Ces jeunes qui distribuaient des repas et que nous avons rencontrés étaient pétris de bonnes intentions. Il y a eu un malentendu […] Donner à manger est un geste généreux, mais il faut aussi mesurer les conséquences.”

Wahid, le responsable du collectif, a expliqué à 20 Minutes que son équipe était “encore choquée et déçue”. “Il y a eu une incompréhension, mais on n’en veut à personne, tout est pardonné. Nous ne sommes pas là pour créer des problèmes, mais pour aider les gens,” a-t-il souligné. Alain Juppé de son côté, n’a pas souhaité s’exprimer.