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À Toulouse, une directrice convoquée au rectorat pour avoir hébergé dans son école une famille sans abri

À Toulouse, une directrice convoquée au rectorat pour avoir hébergé dans son école une famille sans abri

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© Leday L / Getty

Elle avait ouvert les portes de son établissement à deux parents et trois enfants âgés de 7 à 15 ans.

La directrice d’une école élémentaire de Toulouse a été convoquée par le rectorat, vendredi matin, pour avoir ouvert les locaux de son établissement à une famille de sans-abris, a-t-on appris auprès de l’intéressée et des syndicats.

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Le 27 novembre, les locaux de l’école Simone-Veil, dans le sud-ouest de Toulouse, ont été ouverts à une famille de sans-abris formée des deux parents et de trois enfants âgés de 7 à 15 ans par le collectif “Jamais sans toit dans mon école”, composé de parents d’élèves et d’enseignants, à l’initiative de plusieurs actions similaires dans la ville rose. Des membres du personnel de cette école élémentaire, dont la directrice de l’établissement, ont également pris part à l’initiative.

Contacté par l’AFP, le rectorat n’avait pas répondu vendredi en fin d’après-midi.

“C’était une convocation pour me questionner sur le procès-verbal de l’huissier qui a eu lieu suite à l’occupation le 27 novembre. C’était pour savoir si c’était en tant que directrice que j’ai ouvert l’école ou en tant que citoyenne. C’est en tant que citoyenne que je l’ai fait”, a indiqué la directrice à l’AFP, à la sortie de sa convocation.

“La décision [d’occuper l’école, ndlr] a été prise pour tirer la sonnette d’alarme. Cela faisait trois semaines qu’on ne proposait pas de solution et que des familles étaient à la rue”, a-t-elle poursuivi, assurant qu’aucune sanction n’avait été évoquée pour l’heure par le rectorat.

Un rassemblement a été organisé par le collectif “Jamais sans toit dans mon école” et le syndicat FSU-SNUipp devant le rectorat alors que la directrice y était entendue, regroupant une dizaine de membres du personnel de l’établissement et des parents d’élèves venus en soutien.

“C’était une décision collective”, a affirmé Pinar Soylemez, une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) à l’école Simone-Veil. Interrogé sur France Bleu Occitanie le matin même, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, a estimé “que cette directrice d’école s'(était) mise hors la loi”.

Depuis l’occupation, la famille a été relogée, selon les membres du personnel de l’établissement scolaire.