“Bordel”, PMA et Harvey Weinstein : les temps forts de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1

“Bordel”, PMA et Harvey Weinstein : les temps forts de l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1

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Par Astrid Van Laer

Publié le

Dimanche 15 octobre, le chef de l’État était en direct pour un “Grand Entretien” sur TF1. Interviewé conjointement par David Pujadas, Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau, Emmanuel Macron est revenu sur ses premiers mois à l’Élysée et sur ceux qui s’apprêtent à suivre.

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Emmanuel Macron était en direct dimanche 15 octobre pour un entretien télévisé sur TF1. Ce débat a été suivi par 9,5 millions de téléspectateurs, réunissant 36,6 % de part d’audience. Il a donc fait mieux que son prédécesseur François Hollande, qui avait été regardé par 6,2 millions de Français, moins que Nicolas Sarkozy avant lui, qui avait attiré 11,6 millions de curieux.

Concernant la forme, si l’entretien était plutôt classique, un détail a attiré l’œil de nombreux téléspectateurs : une Marianne très moderne en arrière-plan qui contrastait avec le style traditionnel de l’Élysée, tout en moulures. Comme le Huffington Post l’explique, il s’agit d’une œuvre de l’artiste de street art Obey (Shepard Fairey), réalisée au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Obey est également le créateur du désormais très connu Hope, image de Barack Obama diffusée pendant sa campagne.

D’après un sondage Harris Interactive pour BFMTV réalisé auprès d’un échantillon de 856 personnes de plus de 18 ans, 61 % des Français n’ont pas jugé que le Président de la République avait été convaincant. Retour sur les temps forts de cet entretien télévisé.

Macron persiste et signe au sujet de ceux qui foutent le “bordel”

Le 4 octobre dernier, le Président était en visite dans un centre de formation en Corrèze. Il avait déclenché une polémique en déclarant au sujet de la centaine de salariés et ex-employés licenciés de l’équipementier automobile GM&S qui manifestaient en marge de ce déplacement présidentiel :

“Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas. Parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et c’est pas loin de chez eux, on en parlait avec le préfet.”

Interrogé à ce sujet, le Président a assuré “assumer” : “J’assume totalement ce qui a été dit. Quand on dit cela, on n’agresse pas, on n’invective pas”, estimant être lucide : “Je ne suis pas dans un système de complaisance avec le réel. J’essaie de le nommer, parfois crûment”. Il a également poursuivi en déclarant qu’il “continuerai[t] à dire les choses” :

“J’ai toujours essayé de dire les choses et de m’approcher d’une forme de vérité que je pensais juste. Donc, je nomme. Je l’ai fait à plusieurs reprises, y compris quand j’ai parlé ‘d’illettrées‘. Je n’ai jamais cherché à humilier. Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses. Je continuerai à dire les choses, à parfois m’emporter quand je discute avec les citoyens.”

Macron, président des riches ?

Qualifié de “président des riches” par nombre de ses opposants politiques, Emmanuel Macron a réagi à ce sujet. Il a d’abord déclaré ne pas aimer “cette opposition de la société” et est revenu sur la très critiquée mesure concernant l’impôt sur la fortune (ISF), assurant ne pas croire en la “jalousie envers les riches” :

“Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire que les gens qui réussissent doivent être taxés. […] Je veux qu’on célèbre ces réussites. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui s’effondre.”

Des réformes qui porteront leurs fruits d’ici “deux ans”

Concernant la reprise économique et le taux de chômage français, Emmanuel Macron a assuré que “le taux de chômage est en train de progressivement baisser” puis a indiqué que d’ici deux ans, les effets de sa politique devraient être visibles :

“La plénitude des réformes conduites par le gouvernement, vous la verrez dans un an et demi, deux ans. […] On va réorienter les formations pour former beaucoup plus les chômeurs. Nous investirons 15 milliards d’euros pour former les plus jeunes et les moins qualifiés.”

Oui à la PMA, mais “pas sans débat”

Interrogé au sujet de la procréation médicalement assistée (PMA), Emmanuel Macron s’est déclaré favorable à l’extension de cette dernière aux femmes seules et aux couples homosexuels dans le cadre de la révision de la loi bioéthique. Cette mesure avait été annoncée par la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes le 12 septembre dernier sur RMC et il s’agissait d’une promesse qui figurait dans le programme d’En Marche !

Après avoir déclaré “qu’à partir du moment où l’on a accepté la PMA pour les femmes en couple, on doit pouvoir reconnaître ce droit aux femmes seules et aux couples de même sexe”, Emmanuel Macron a assuré que cela ne se ferait pas sans “concertation” car “sur ces sujets, le politique ne doit pas imposer un choix”. Il a promis “un vrai débat de société” en 2018.

Harvey Weinstein : des démarches “entamées” pour lui retirer la Légion d’honneur

Lors de cet entretien télévisé, le chef d’État a également assuré avoir “demandé au grand chancelier de l’Ordre de procéder à une procédure disciplinaire” concernant le retrait de la Légion d’honneur à Harvey Weinstein. Pour rappel, le puissant producteur américain est accusé par des dizaines de femmes depuis une semaine d’agressions et harcèlements sexuels mais aussi de viols, après trente années passées à régner en maître sur le cinéma hollywoodien. Le prédateur sexuel avait reçu cette décoration honorifique des mains de Nicolas Sarkozy en 2012.

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