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En 2022, Blizzard Entertainment a fêté les 25 ans d’une saga culte du monde du jeu vidéo, initiée en 1997 : Diablo. Une franchise de dark medieval fantasy, qui a démocratisé le hack’n’slash dans l’univers vidéoludique après les premiers balbutiements du genre avec Dragon Slayer, au milieu des années 1980. Si le dernier gros jeu en date est Diablo III, sorti en 2012 sur Windows et Mac OS puis, l’année suivante sur consoles de salon, régulièrement mis à jour, d’ailleurs, avec des extensions comme Reaper of Souls, l’éditeur a fait languir les fans avec un remake (Diablo II: Resurrected) et une version mobile (Diablo Immortal), qui a fait polémique pour sa monétisation omniprésente. Mais dans l’ombre, les équipes de Blizzard planchaient déjà sur l’avenir de la saga avec le très attendu Diablo IV.
L’éditeur a profité de la cérémonie des Game Awards pour dévoiler la date de sortie du titre, fixée au 6 juin 2023, mais nous avons eu la chance d’essayer le jeu en avant-première sur un test build. L’occasion de découvrir le prologue et la première zone du jeu, baptisée les Pics fracturés. Entre nouveautés et consolidation des bases de la franchise, Diablo IV est surtout marqué par le passage saisissant à la next gen (notre test a été effectué sur PS5), qui ravira les fans grâce aux cinématiques plus sublimes que jamais, marque de fabrique de la licence.
Pour mieux contextualiser ce test, nous avons également rencontré Joseph Piepiora et Naz Hartoonian, respectivement directeur adjoint et productrice associée du jeu. Outre nous avoir précisé et mieux expliqué les spécificités de ce nouveau Diablo, le tandem nous a rappelé le mot d’ordre de cette aventure : « play your way » (joue à ta façon). Car oui, l’expérience du jeu, déjà très appréciée pour ses qualités de gameplay personnalisable, va le devenir encore plus avec une création de personnages plus poussée et un tout nouvel arbre de compétences ultra complet, surtout pour celles et ceux qui visent le post-game, là où Diablo prend véritablement forme.
Une création de personnages qui a de la gueule

© Blizzard Entertainment
J’ai beau être un néophyte de Diablo (toutefois entraîné sur les failles Nephalem avec un pote Parangon 1300 en Tourment 21, s’il vous plaît), je sais que les classes ont une importance toute particulière dans le cœur des fans. Dans notre test, nous n’avions accès qu’à trois classes (Voleur·euse, Sorcier·ière et Barbare) sur les cinq annoncées au lancement du jeu, puisque le roster sera complété des très appréciés Druide et Nécromancien·ienne. Si on reste sur du classique de ce côté-là, et que Joseph Piepiora n’omet pas l’opportunité de créer de nouvelles classes dans le futur, il est désormais possible de les personnifier davantage à travers un système de création de personnages bien plus avancé que dans les précédents opus.
Si elle n’est pas aussi complète qu’un Elden Ring, la personnalisation va bien plus loin que le simple choix du genre. La teinte de peau et la couleur des yeux, la pilosité faciale, les tatouages, bijoux, accessoires et autres gadgets sont de la partie pour créer le héros ou l’héroïne de votre choix. Par ailleurs, le test build n’était qu’un aperçu de ce nouveau système qui offrira encore plus de libertés à la sortie du jeu, sans qu’on soit toutefois dans la confidence de détails tels que la modification du visage et du corps, comme le nez, la bouche, la forme du crâne ou encore la musculature.

© Blizzard Entertainment
Le plaisir du monde ouvert et d’un storytelling élaboré
Pour mon premier essai, j’ai choisi de plonger dans l’essence même de Diablo avec un Barbare au corps à corps bien vénère, basé sur un build saignement. Mais, avant de donner des coups de hache à tour de bras, je suis surpris par une longue et sublime cinématique d’introduction. On évitera soigneusement de spoiler l’histoire qui ramène sur le devant de la scène un démon oublié comme antagoniste principal, mais la next gen fait beaucoup de bien à Diablo. La beauté des cinématiques nous implique davantage dans l’histoire, parfois très abstraite, de la franchise ; ici, elle est bien plus « terre à terre, mature et sombre », dixit Joseph Piepiora, comme un retour aux sources de la saga et en particulier à Diablo II, considéré unanimement comme le meilleur de la franchise.
On est alors propulsé dans un gigantesque monde ouvert dont nous n’avons aperçu qu’une infime partie dans ce build. Après une dizaine de minutes plus ou moins scriptées (le tuto pour les noobs comme moi, en gros), vous pouvez littéralement aller où vous voulez, à vos risques et périls de tomber sur des créatures bien plus puissantes que votre personnage. Si vous avez envie de prendre une pause dans l’histoire, il est tout à fait possible de visiter un donjon pour looter, compléter des quêtes secondaires pour la plupart scénarisées, participer à des événements aléatoires dans le monde ouvert pour gagner du stuff et de l’expérience ou encore simplement se balader dans les différentes régions, au gré des vagues de sang que vous répandrez dans les champs vastes et enneigés des Pics fracturés.

© Blizzard Entertainment
Plutôt enjoué par cette première partie, j’ai décidé de me diriger par la suite vers une classe qui me parle davantage : un sorcier à distance qu’on croirait sorti d’Harry Potter avec sa petite baguette magique de départ. Et là, c’était vraiment le pied. Grâce au nouvel arbre de compétences, qui est littéralement structuré comme un arbre, il est possible de se spécialiser dans un élément sans rendre son personnage faiblard face à des grosses vagues d’ennemis. Par exemple, mon sorcier est rapidement devenu un maître de la glace (les éléments feu et électricité sont aussi une option), capable de tirer à toute vitesse d’énormes grêlons, de balancer un orbe gelé en AOE, de se protéger avec une barrière de froid ou encore de glacer une zone lorsque vous êtes cernés par l’adversité.
On découvre alors la nouvelle mécanique de gameplay, baptisée « Evade », qui permet de s’extirper rapidement de la mélasse avec un dash qui obéit seulement à un cooldown de quelques secondes. C’est tout bête mais cette mécanique, qu’on retrouvait uniquement dans Diablo III à travers une compétence du Chasseur·euse de démons, rend les combats bien plus rythmés et dynamiques, surtout pour des classes à distance. C’est également sur cette partie que j’ai compris que l’histoire de Diablo IV était écrite de façon non-linéaire, afin d’offrir plus de liberté aux joueurs et joueuses qui souhaitent avant tout s’aventurer dans le monde ouvert sans rencontrer de barrières scriptées.
Le mode online le plus ambitieux de la saga ?
Selon Naz Hartoonian, il vous faudra entre 25 et 30 heures de jeu pour compléter la campagne, si vous foncez en ligne droite. Mais les festivités commencent réellement avec le post-game, et c’est bien de ce côté qu’on trouve pas mal de changements et de nouveautés. D’abord, le niveau pour atteindre le Parangon a été baissé à 50 et le système d’expérience a été complètement retravaillé. Nous n’avons pas pu mettre la main dessus, mais l’idée est de « ne plus avoir le sentiment de monter de niveau indéfiniment », assure Joseph Piepiora. Les hardcore gamers devraient toutefois y trouver un gros plaisir, notamment à travers le mode online de Diablo IV.
L’aspect novateur le plus excitant des parties en coopération s’intitule les « World Boss », des ennemis imposants et extrêmement difficiles à vaincre qui se trouvent dans le monde ouvert. Faire appel à des potes voire à votre guilde pour triompher sera essentiel afin de récupérer le loot le plus précieux du jeu. D’ailleurs, les développeurs ont mis un point d’honneur sur la notion de coopération et ça fait beaucoup de bien dans le paysage vidéoludique assez égoïste de ce point de vue : il n’y plus de zones restrictives à l’international, comprenez que vous pourrez jouer avec des compagnons américains, arabes ou asiatiques, et la coop local est de retour pour s’amuser toute une journée sur la même télé et le même canapé avec votre frère ou sœur d’armes ! Sah, quel plaisir, si vous me permettez l’expression.

© Blizzard Entertainment
Je n’ai pas pu aller jusque-là, trop occupé à massacrer du squelette dans le but de farmer une dague légendaire dans les donjons pour mon Sorcier, mais ça promet. Blizzard envisage Diablo IV comme un live service régulièrement mis à jour (« tous les trois mois », promettent les développeurs), avec expansions et season pass au programme. En ce qui concerne les microtransactions, l’éditeur semble avoir entendu la colère des joueurs et joueuses sur Diablo: Immortal, puisqu’elles seront uniquement présentes pour l’achat de cosmétiques optionnels comme des skins. On n’a pas eu le temps de demander, mais l’apparition de montures pour voyager au sein du monde ouvert devrait être concernée par ces achats in game.
Pour le moment, Diablo IV nous semble très excitant et particulièrement jouissif pour tous les types de joueurs et joueuses. À la fois accessible pour les nouveaux venus mais aussi plus complet, modernisé, cohérent et innovant pour les hardcore gamers, le nouveau titre de Blizzard Entertainment ne va pas réinventer le hack’n’slash mais assurément l’emmener au firmament de ce qu’on peut attendre d’un tel défouloir. Pour citer ce bon vieux Cain, « restez un instant et écoutez-moi », car on tient peut-être déjà l’un des meilleurs Triple-A de 2023.











