Flixbus se lance dans le covoiturage avec zéro commission

Flixbus se lance dans le covoiturage avec zéro commission

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(c) SolStock / Getty

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Par Pierre Schneidermann

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BlaBlaCar en PLS !

Le groupe allemand FlixMobility, opérateur des autocars FlixBus, attaque frontalement BlaBlaCar. Mardi, l’entreprise a lancé FlixCar, son service de covoiturage moyenne et longue distance qu’il présente comme moins cher pour l’usager car sans commission.

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Avec FlixCar, FlixBus répond ainsi à BlaBlaCar qui a créé BlaBlaBus depuis son rachat de Ouibus à la SNCF il y a quelques mois et a notamment lancé ses autocars à la conquête de l’Allemagne. 

FlixBus ayant de son côté racheté les activités de Transdev (isiLines et Eurolines), les deux compagnies sont en France les seules rescapées des « cars Macron » longue distance, en concurrence frontale.

Le groupe allemand avait annoncé en juillet son arrivée dans le covoiturage pour 2020, sans préciser par quel pays il commencerait.

« On a été plus vite que prévu« , a exposé à l’AFP Yvan Lefranc-Morin, directeur général pour la France de la société. « Pouvoir lancer (FlixCar) avant les fêtes de Noël, c’est quelque chose qui a un intérêt car c’est un moment où les gens se déplacent énormément, et où ce type d’offre a beaucoup de sens« , a-t-il commenté.

« Il n’y a pas d’effet d’opportunité par rapport à la grève » des transports – qui pourrait se prolonger jusqu’aux fêtes – car le projet était « calé » depuis un certain temps, a assuré le dirigeant. « Mais il se trouve que ça tombe pas trop mal, car les gens ont besoin de se déplacer« , a-t-il aussitôt reconnu, évoquant « un assez bon alignement des planètes« .

« On veut apporter quelque chose de nouveau sur un marché qui est en fait en monopole […] et notamment la gratuité« , a-t-il remarqué.

FlixCar promet en effet de ne prélever ni commission, ni frais. Le passager ne paiera que le prix versé au conducteur, éventuellement en espèces de la main à la main.

« Construire une communauté »

BlaBlaCar prélève pour chaque covoiturage des frais de service compris entre 0 et 25 % (avec un minium de 1 euro). Ceux-ci « permettent à BlaBlaCar de fonctionner, tout simplement« , explique la plateforme française sur son site.

FlixMobility « a les reins assez solides » pour s’en passer, a noté Yvan Lefranc-Morin, rappelant que le groupe avait fait une grosse levée de fonds – de plus de 500 millions de dollars selon la presse spécialisée – en juillet.

« On a largement de quoi développer ce service sans le monétiser« , a-t-il estimé, sans vouloir dévoiler d’objectifs.

Concrètement, le groupe allemand veut jouer sur la complémentarité entre autocar et covoiturage, ce qui devrait lui apporter de nouveaux clients à ses bus, a-t-il expliqué. 

La plateforme de covoiturage sera immédiatement disponible dans toute l’Europe, a noté le responsable. FlixCar va devoir rapidement recruter des conducteurs pour proposer des trajets : mardi matin, aucune des requêtes testées par l’AFP sur le nouveau site flixcar.fr n’était concluante – mais des liaisons par autocar étaient proposées pour certaines. 

FlixMobility a aussi lancé des lignes de trains – sous la marque FlixTrain – en Allemagne en 2018 et compte arriver sur les voies ferrées suédoises l’an prochain. 

En France, le groupe a annoncé son intention de faire circuler des trains classiques sur les liaisons Paris-Bruxelles, Paris-Lyon, Paris-Nice, Paris-Toulouse et Paris-Bordeaux à partir de 2021. La décision de se lancer, ou pas, devrait être prise avant la fin mars, selon M. Lefranc-Morin.

Konbini Techno avec AFP