Cette entreprise française recycle les masques jetables pour limiter la pollution

Cette entreprise française recycle les masques jetables pour limiter la pollution

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© Benjamin Lowy / Getty Images

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Par Hugo Coignard

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La société châtelleraudaise a déjà "recyclé plus de 50 000 masques".

Des milliers de masques chirurgicaux recyclés puis métamorphosés en plastique avant de se réincarner en visières ou ouvre-portes : c’est ce que propose, depuis la mi-juin, l’entreprise Plaxtil, à Châtellerault (Vienne), pour enrayer la pollution causée par ces masques jetables.

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« Il y en avait partout, dans les rues, dans la nature »

Après le confinement, « on a vu arriver les masques et surtout la pollution liée à ces masques, il y en avait partout, dans les rues, dans la nature », dit à l’AFP Olivier Civil, 50 ans, codirecteur de la jeune start-up spécialisée dans le recyclage textile.

Cette pollution provoquée par ces masques jetables composés de microfibres de polypropylène, une matière plastique, et qui ne sont pas biodégradables, n’était pas « une fatalité » pour le quinquagénaire et son associé Jean-Marc Neveu.

L’entreprise châtelleraudaise, qui travaille au côté d’un groupe de PME spécialisé en plasturgie, se revendique « circulaire, écologique et solidaire ». Déjà spécialisée en recyclage, elle a perfectionné un procédé pour transformer ces masques devenus inefficaces et nocifs pour la santé et l’environnement.

Des masques eux aussi en « quarantaine »

En premier lieu, les masques récoltés sont placés en « quarantaine » pendant quatre jours par la société Audacie avec laquelle l’entreprise collabore. « Seuls deux jours suffisent normalement, mais nous restons prudents », explique M. Civil.

Ensuite, chez Plaxtil, les masques passent « au broyeur » avant de s’engouffrer 30 secondes dans un « tunnel ultraviolet » pour assurer une décontamination complète et fiable. « C’est reconnu comme étant le meilleur germicide », affirme Olivier Civil, qui travaille avec Uvimobi, une entreprise spécialisée dans la décontamination des véhicules de transports partagés.

« 50 000 masques recyclés »

Dernière étape, « on mixe cette matière avec une résine qui lui permettra de devenir une matière dure », ajoute-t-il sans plus de détails, le procédé restant « secret et protégé ». Une fois recyclé, le plastique peut être utilisé pour fabriquer tous types d’objets, par moulages.

« Les possibilités sont infinies », précise M. Civil, même si, pour le moment, la start-up, forte de cinq salariés, mise sur des produits utiles pour lutter contre le coronavirus tels que des visières de protection ou encore des ouvre-portes, petit instrument pour ne pas toucher une poignée de porte.

La société Plaxtil a déjà « recyclé plus de 50 000 masques », signale M. Civil, grâce notamment à la multiplication des points de collecte. « Au début, on ciblait le milieu médical, comme les pharmacies ou les cabinets médicaux. » Devant l’intérêt que l’initiative a suscité, de nombreux commerces se sont lancés dans la collecte.

Des contacts avec le ministère de l’Économie et des Finances

Depuis fin juin, entre 2 000 et 3 000 produits élaborés à base de ces masques jetables, ont été réalisés.

Face au succès, « on est en train de se demander comment généraliser notre initiative. Nous avons des demandes de la France entière. Le ministère de l’Économie et des Finances nous a contactés pour voir si nous étions prêts à nous associer pour faire une filière de recyclage de masques », précise le codirecteur.

Début septembre, les produits réalisés à base de masques recyclés seront remis à la mairie pour qu’ils soient distribués gratuitement aux salariés de la collectivité, ou à des associations.

Konbini news avec AFP