Un jeune supporter marseillais malade agressé à Ajaccio : la justice ouvre une enquête

Un jeune supporter marseillais malade agressé à Ajaccio : la justice ouvre une enquête

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Photo by Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

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Par Konbini avec AFP

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"Je ne pensais pas qu’autant de haine allait s’installer."

La justice a ouvert deux enquêtes après les agressions samedi d’un journaliste de France 3 et d’un enfant malade et de sa famille en marge du match entre Ajaccio et Marseille, a-t-on appris dimanche auprès du parquet.

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Après la rencontre, qui s’est conclue par une défaite 1-0 de l’Olympique de Marseille lors de la dernière journée de Ligue 1, un journaliste de France 3 Corse ViaStella a été agressé par des supporters marseillais dans une station-service à proximité du stade. Le journaliste a été brièvement hospitalisé et la chaîne a annoncé le dépôt d’une plainte.

Un peu plus tard dimanche, le procureur a ouvert une autre enquête pour violences en réunion concernant cette fois l’agression dont ont été victimes un enfant malade et sa famille dans l’enceinte du stade.

“On a demandé que tous les moyens soient mis en œuvre pour identifier les auteurs de ces faits inqualifiables dans les plus brefs délais”, a expliqué le procureur.

Cet enfant, atteint d’un cancer, avait été invité samedi en Corse pour réaliser son “rêve” de rencontrer des joueurs de l’OM. Il a été pris pour cible avec ses parents dans le stade, a détaillé l’AC Ajaccio, parlant d’“actes inqualifiables”. Arrivés en loge, Kenzo et son père mettent leurs maillots bleu et blanc de l’OM, des supporters corses les aperçoivent. Une quinzaine de jeunes hommes sont alors montés vers eux, a raconté la mère de l’enfant à l’AFP.

“Mon plus jeune fils a réussi à sauter la barrière et est parti dans la loge d’à côté. Kenzo n’a pas compris ce qu’il se passait, il a été bousculé et est tombé. Il s’est tapé le visage contre la barre du balcon. Mon mari était juste derrière, ils ont été lui demander son maillot et ils lui ont mis deux coups de poing dans la tête. Puis ils sont repartis et ont brûlé le maillot”, raconte Amandine, qui vit avec sa famille près de Cassis, dans les Bouches-du-Rhône, et préfère taire son nom.

“Je ne pensais pas qu’autant de haine allait s’installer” pour un match sans enjeu sportif, appuie le papa, Laurent, qui dit avoir “eu très peur pour la sécurité” de ses enfants.

“Le rêve s’est rapidement transformé en cauchemar lorsque Kenzo et ses parents, venus aux couleurs de l’Olympique de Marseille, ont été honteusement violentés par des individus qui se sont introduits dans leur loge”, a rapporté le club dans un communiqué. “Dès que les individus auront été identifiés par nos services, nous porterons plainte contre eux”, promet-il.

Le président du groupe de supporters l’Orsi Ribelli a contesté dans Corse-Matin certains détails dans le déroulement précis des événements tout en reconnaissant que “quelques personnes assises en tribune Faedda sont montées, ont porté deux coups de poing au père pour lui faire enlever le maillot, avant de redescendre avec la tenue”. À l’issue du match, l’enfant a pu toutefois passer un moment avec une de ses idoles, le joueur de l’OM Mattéo Guendouzi, selon un journaliste de l’AFP.

Le maire d’Ajaccio, Stéphane Sbraggia, a exprimé sur Twitter son indignation face à des “actes qui témoignent d’une inquiétante perte de valeurs”. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a indiqué lui qu’il n’avait “pas de mot pour décrire cette scandaleuse agression”.