Est-ce que vous êtes le ou la pref de vos parents, vous ?

Est-ce que vous êtes le ou la pref de vos parents, vous ?

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© L’incroyable famille Kardashian / E!

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Par Theo Lilin

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Une professeure de sociologie à l'université de Purdue dans l'Indiana a mené l'enquête, et a démontré que oui, il y a du favoritisme. Et ça peut même jouer sur la santé mentale.

Sur l’échelle des questions qui fâchent, on la met sur le podium entre les discussions politiques aux repas de famille – et les phrases qui incluent « moi je trouve que » et « Jean-Luc Mélenchon » – et le retour des talons-baskets compensées. Le sujet est presque devenu un tabou dans les familles, certains ayant peur d’être taxés de parents ingrats. Et c’est logique. « Nous y pensons tous, mais personne n’en parle », résume le docteur Kramer, qui a décidé de mettre la science à contribution pour savoir définitivement si, oui ou non, les parents ont leurs petit·e·s préféré·e·s.

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L’étude, relayée par le New York Times, a été menée par deux chercheur·euse·s de l’université de Purdue, dans l’Indiana, J. Jill Suitor et Alex Jensen, qui ont très sérieusement tenté de répondre à la question fatidique. Avec succès.

Contexte : en 2001, la sociologue J. Jill Suitor a recruté plus de 500 mères, « chacune ayant au moins deux enfants adultes », et a étudié sur le temps long pour récolter des données sur « la préférence parentale ». Et l’étude est catégorique : oui, il y a bien du favoritisme. Elle va même plus loin en affirmant qu’il est « omniprésent ». D’après les recherches de la sociologue, environ deux tiers des parents ont un enfant préféré, et ce pendant plusieurs décennies. Plus précisément, J. Jill Suitor dresse le profil type du ou de la chouchoute :

« Il n’y avait pas de qualités particulières qui garantissaient d’être l’enfant chéri, mais les préféré·e·s avaient tendance à être les filles et les cadets. »

L’article du New York Times révèle aussi qu’une étude récente affirme que, pendant l’enfance, ce sont les filles qui étaient les plus susceptibles de « bénéficier d’un traitement préférentiel ». Mais les chercheur·euse·s précisent que la préférence parentale ne se résume pas seulement au sexe ni à l’ordre de naissance. La Dre. Suitor estime « qu’à l’âge adulte, le facteur le plus important était sans conteste la similitude des valeurs entre parents et enfants, notamment en matière de religion et de politique ». Et à l’inverse, l’argument de la réussite professionnelle n’aurait que peu d’influence.

La deuxième information majeure de cette étude, c’est que ces dynamiques familiales auraient un rôle puissant dans la santé mentale des enfants. Et ce, même à l’âge adulte. « Dès leur plus jeune âge, les enfants surveillent de près la façon dont ils sont traités par rapport à leurs frères et sœurs. Ceux qui se sentent défavorisés sont plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de dépression, d’avoir des relations familiales tendues et d’adopter des comportements à risque, comme la consommation d’alcool et de tabac, à l’adolescence. »

Selon Susan Branje, directrice du département d’éducation et de pédagogie de l’université d’Utrecht aux Pays-Bas, il y aurait même des inconvénients à être le ou la préféré·e. Tout simplement parce que ce·tte dernier·ère est aussi témoin de la différence de traitement, et peut même se sentir coupable.

Voilà. Maintenant on sait, vous savez, on vous laisse envoyer le lien vers cet article à vos darons – ou juste faire comme si de rien n’était, et c’est peut-être mieux comme ça.