Un Tumblr pour dénoncer le manque de diversité dans les films

Un Tumblr pour dénoncer le manque de diversité dans les films

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Par Maxime Retailleau

Publié

Le projet vidéo Every Single Word, qui sélectionne des films et ne garde que les répliques d’acteurs non-Blancs, illustre le manque de diversité à Hollywood.

Moonrise Kingdom: 10 secondes. Black Swan: 25 secondes, 500 Jours Ensemble: 31 secondes. Trois films, trois styles, trois réalisateurs, trois succès critiques et commerciaux, un point commun: le temps de parole, microscopique, accordé aux acteurs non-Blancs. Avec le projet Every Single World, le comédien américain Dylan Marron (au générique du podcast Welcome to Night Vale) découpe des films récents pour ne garder au montage que les répliques prononcées par des acteurs de couleur.
Et, ce faisant, expose froidement la réalité du cinéma hollywoodien contemporain, incapable de se parer d’autre chose que de blanc (ou, dans le cas de 500 Jours Ensemble, d’orner ses acteurs de couleurs de 30 secondes de lignes d’une platitude absolue).
La sélection de Dylan Marron, arbitraire, pourrait donner des arguments à ses détracteurs. Que nenni. Le comédien, dans une interview à Slate, précise sa démarche:

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Je ne choisis pas ces films parce que je ne les aime pas. A l’inverse, ils me plaisent beaucoup. Je suis allé voir 500 Jours Ensemble la semaine de sa sortie et je l’ai adoré. Mais si nous ne pouvons même pas nous reconnaître dans des films aussi inoffensifs que des comédie romantiques indé, alors cela suggère que nos histoires n’existent pas. Ou, au mieux, qu’elles ne comptent pas tant que ça.


Pour le jeune acteur, « cette série est un moyen de souligner la raison pour laquelle (il) n’arrête pas d’entendre qu’il n’y a pas beaucoup de travail pour (lui). Et la raison pour laquelle tant d’autres acteurs de couleur talentueux et obstinés entendent la même chose. » 
Une sorte de test de Bechdel à la sauce pigmentaire, qu’Hollywood a totalement planté. Selon les chiffres du recensement de 2013, les Blancs ne comptent plus que pour 62% de la population américaine, contre 13% de Noirs et 17% de Latinos. En 2043, selon les modèles prédictifs du gouvernement, les Blancs seront minoritaires.

Des formules toutes faites

Comme le rapporte The Guardian, c’est son sentiment d’être sous-représenté au cinéma à cause de ses origines vénézuéliennes qui l’a mené à créer ce blog – par dépit. Le succès de ce dernier lui laisse donc un arrière-goût amer dans la bouche.
Cette marginalisation cinématographique des minorités n’est pas le seul problème auquel elles sont confrontées. Marron déplore aussi les rôles dans lesquels les acteurs de couleur sont cantonnés. En effet, beaucoup de films, sous la pressions des investisseurs, versent dans la caricature et les formules toutes faites.
Comme le réalisateur l’a déploré auprès de Slate : « Quand vous avez des gens de couleur comme protagonistes, l’histoire est à propos de leur couleur. Avec les Blancs, ce n’est jamais à propos du fait qu’ils soient Blancs ».
Article co-écrit avec Thibault Prevost