Pourquoi de plus en plus d’artistes font des lives sessions ?

Pourquoi de plus en plus d’artistes font des lives sessions ?

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Par Jules "Galdenash" Goetz

Publié

Qu'on se le dise, c'est vraiment pas pour nous déplaire.

Ces derniers temps, un phénomène s’est répandu chez les artistes en développement, tellement répandu que tous veulent me  reprendre La musique se démocratise et les frontières paraissent de plus en plus floues. Bref, la musique devient de plus en plus adaptée à un format qui transcende les foules : les live sessions. Ces dernières se multiplient dans le rap français pour une raison simple, ça fonctionne 

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Véritable outil artistique, le concept d’une live session est en réalité très simple. Un artiste, accompagné d’un ou plusieurs instrumentistes, joue de la musique en direct, comme s’il jouait devant un public. Dans la majorité des cas, l’artiste revisite ses morceaux les plus iconiques sous un fond de musique acoustique avec souvent moins de traitement que sur une version studio classique. Évidemment, ce n’est pas un concept qui date d’hier, souvent les artistes gardaient les enregistrements de leurs concerts pour les ressortir en version live (en CD ou en version physique). En France, comment parler d’album live sans citer Johnny Hallyday et son fameux Johnny à Bercy. L’enregistrement du Bercy sorti en 1987 s’étant vendu à plus d’un million d’exemplaires (SNEP), il a réitéré avec son Parc des Princes 1993 ou le mythique Stade de France en 1998.

Dans le rap français, on pense beaucoup à NTM Live… Du Monde de Demain à Pose ton Gun, l’album sorti le 24 mars 2000 qui regroupe un tas de classiques du groupe qui, lui aussi, a rencontré un succès notable. Il est entré directement à la 2e place du Top Albums en France et y est resté classé pendant 14 semaines, quittant le classement le 26 juin 2000. Le concept même des live sessions filmées dans le rap français à destination d’un nouveau public arrive bien plus tard, avec un média particulier.

Les Grünt d’Or

Tournés dans une salle mythique du quartier de la Goutte d’Or dans le 18e arrondissement de Paris, les épisodes du Grünt d’Or se veulent à la base très simples. L’idée est de filmer un plateau d’artistes sur la scène du FGO Barbara et de le retransmettre sur YouTube, rien de bien sorcier à la base, mais le concept évolue dès le troisième épisode consacré à Ichon. Toujours avec du public, mais cette fois-ci, l’ambiance se veut plus chill, avec une réelle ambiance lumineuse et une volonté de soigner les images. Les épisodes s’enchaînent, on abandonne le public pour arriver au concept de « live-session » décrites plus tôt.

Mais ces vidéos aux allures de concert sont soutenues par Grünt et il faut attendre quelques années pour avoir une petite étincelle qui poussera les artistes à filmer leurs live sessions, et cette étincelle, elle provient directement d’Alger.

Tif et 1.6

Tif fait très vite parler de lui à la mi-2023 avec un projet qui fait énormément parler de lui, 1.6. Sa popularité en France grimpe très vite, beaucoup s’intéressent au projet et « Hinata » son premier hit, devient disque d’or. Huit mois après la sortie du projet, le rappeur algérien sort sa live-session qui casse les scores. 8,2 millions de vues en un an et demi, sa fan-base se délocalise très vite du Maghreb à la France offrant deux mois après un disque d’or au projet dans sa globalité.

Face à un tel engouement, les artistes n’ont plus qu’une idée en tête, refaire des live sessions. Bien filmées, à l’ambiance tranquille et familiale. On voit donc par la suite, Abou Tall sortir sa « Saudade Session », Médine avec la « HAP LIVE SESSION »… Même Théodort, ex-youtubeur récemment mis dans la musique, s’y est mis. 

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, sortir une live session, c’est avant tout pour faire de la promotion d’un album en suivant les traces de Tif. Le grand vainqueur des stratégies marketing, c’est Rilès, on l’a tous vu courir devant une scie pendant 24 heures (sans s’arrêter), seulement, la performance ne relève pas vraiment de la musique et met plus en scène Rilès qu’autre chose. Problème réglé à la date du 12 mai 2025, Rilès a publié la « SURVIVAL LIVE SESSION (part 1) », s’éloignant du côté familial, la mise en scène y est soignée, toujours entouré de nombreux instrumentistes.

Mais là où la boucle se referme, c’est qu’on revient à l’essence même du live : l’émotion brute, le lien direct entre un artiste, sa musique et le public, même à travers un écran. Qu’elles soient filmées dans une petite salle dans le 18e arrondissement, en pleine forêt ou au milieu du désert, ces live sessions redonnent du relief à des morceaux qu’on croyait déjà connaître. Elles rappellent que dans une époque saturée de contenus, une simple prise en direct peut encore fédérer un large public pour peu qu’elle soit sincère, maîtrisée et bien filmée. On remet les instruments acoustiques au profit d’une musique parfois trop digitale qui manque de cette fausse perfection que l’on aime tant écouter. Puis honnêtement, c’est beaucoup moins cher qu’une place de concert.