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Les cinq plus gros coups d’éclat de Stromae

Publié le

par Jérémie Léger

Après la performance exceptionnelle de Stromae sur TF1, retour sur cinq de ses plus grandes performances artistiques.

Les cinq plus gros coups d’éclat de Stromae

Brillant, captivant, fabuleux, flamboyant… Même ces mots ne sont pas assez forts pour qualifier Stromae et son génie créatif. Plus qu’un musicien, Paul Van Haver est véritablement un artiste hors du commun. Il a beau rester très secret et cultiver l’art de la discrétion depuis plus d’une décennie, l’artiste belge sait y faire lorsqu’il s’agit de revenir sur le devant de la scène. C’est un fait : toutes ses sorties médiatiques et chacune de ses apparitions publiques créent un séisme sur la planète musicale.

Même après avoir disparu des radars pendant plus de sept ans, celui qui a retrouvé la “Santé” et qu’on se plaît à comparer à Jacques Brel pour sa diction distincte, sa plume subtile et ses interprétations poignantes, est toujours aussi remarquable. En dévoilant son nouveau single, “L’Enfer”, de la plus belle des manières sur TF1, le maestro belge poursuit sur sa lancée et nous invite à nous rappeler toutes ces fois où il s’est amusé à casser les codes de la communication et repousser les limites de la créativité.

Le maestro et sa moitié

On le sait, Stromae n’a pas attendu son interview sur TF1 pour frapper fort à la télévision. Fin 2013 déjà, alors qu’il est en pleine promotion pour son album Racine carrée, il s’offre un passage au Grand Journal de Canal+ pour une performance qui fera date. Venu interpréter son single “Tous les mêmes”, il n’arrive pas seul, mais avec sa moitié. Petite subtilité néanmoins, c’est lui qui incarne les deux protagonistes.

Autant pendant l’interview avec Antoine de Caunes que sur scène micro en main, l’artiste joue à fond et magnifiquement sur la dualité de ses personnages et assume complètement de se travestir pour sublimer son art. On parlait plus haut de prendre des risques et sortir de sa zone de confort. En caricaturant lui-même sa propre androgynie, l’artiste l’a encore une fois fait avec aplomb et brio.

Les leçons de Stromae

Être un génie créatif, ça ne s’invente pas. Dès le début de sa carrière, Stromae s’est distingué par une volonté de faire les choses différemment. Remettons les choses dans leur contexte : en 2009, si Orelsan était un précurseur de la communication par Internet, notamment avec sa série sur Konbini, À plus dans l’bus, peu d’artistes utilisaient le Web à des fins promotionnelles. Stromae fait partie de ces quelques avant-gardistes avec ses vidéos “Les Leçons de Stromae”.

L’idée derrière ce titre était simple : montrer les coulisses de son travail de musicien, en toute intimité et sous toutes ses coutures. Production, art scénique, écriture, enregistrement en cabine… Il expliquait tout et en profitait même à l’époque pour dévoiler les secrets de conception des titres de son premier album, Cheese.

Son concept a tellement bien marché que Jamel Debbouze lui-même s’est invité dans un épisode parodique tourné en 2010, exclusivement pour son DVD Made in Jamel. Dans celui-ci, c’est l’humoriste qui vole au secours de Stromae, alors qu’il est en galère pour composer son single bien connu “Alors on danse”. Une séquence culte qui n’avait pas manqué de faire le buzz à l’époque.

“Formidable”

“Stromae bourré à Bruxelles !” Tout le monde se souvient de cette vidéo amateur publiée sur YouTube en mai 2013. On y voit le chanteur belge complètement ivre, titubant et errant sans but dans les rues de Bruxelles, d’un air désemparé. Ni une ni deux, les réseaux sociaux s’inquiètent et la presse francophone dépeint déjà la déchéance visible d’un artiste déjà acculé par le poids de sa célébrité naissante. Sauf que non : contre toute attente, il s’agissait d’une performance calculée et filmée en caméra cachée pour illustrer le clip de son morceau “Formidable”.

Au-delà de l’audace immense dont Stromae a fait preuve en s’affichant publiquement dans un tel état de détresse physique et émotionnelle, cette prouesse de mise en scène en dit long sur la volonté qu’il avait, déjà à l’époque, de toujours sortir de sa zone de confort. N’est-ce pas cela finalement qui fait la marque d’un artiste, un vrai ?

Animation et engagement avec “Carmen”

Plusieurs fois dans sa carrière, Stromae a montré qu’il pouvait se positionner sur des sujets forts : l’absence de figure paternelle dans “Papaoutai”, les aléas de la vie de couple dans “Tous les mêmes” et “Formidable” ou plus récemment en donnant de la voix aux métiers “ingrats” de l’HoReCa dans “Santé”. Toujours le premier quand il s’agit d’explorer des sujets de société importants, l’artiste belge avait livré en 2013 un manifeste contre le diktat des réseaux sociaux avec “Carmen”, accompagné d’un clip d’animation inoubliable.

Réalisé par Sylvain Chomet, illustrateur et cinéaste à l’origine du film Les Triplettes de Belleville, ce clip animé sur-mesure fait de l’oiseau bleu de Twitter le responsable de tous nos maux. D’abord inoffensif, le piaf finit par grossir à mesure que les réseaux sociaux prennent de l’importance dans nos vies, jusqu’à devenir un monstre gigantesque et échappant à tout contrôle.

Évidemment, ce clip est sorti en 2015 et depuis, la question de l’addiction aux réseaux sociaux a été maintes fois exploitée, mais à l’époque, peu d’artistes osaient encore s’attaquer aussi frontalement au sujet. Toujours en avance sur son temps, Stromae l’a fait habilement et avec une justesse déconcertante. Le titre a eu un tel écho que l’artiste belge est parvenu à l’exporter aux États-Unis, chez Jimmy Kimmel en 2015.

Stromae à la conquête des États-Unis

Toujours plus loin vers les États-Unis, le génie belge a rejoint cette année les quelques artistes francophones à avoir performé en live chez Jimmy Fallon. Une véritable consécration à ajouter à son palmarès déjà conséquent sur le sol américain. En effet, Stromae est encore aujourd’hui le seul chanteur francophone, après Céline Dion et Charles Aznavour, à s’être produit dans l’enceinte du légendaire Madison Square Garden de New York. D’ailleurs, histoire de promouvoir sa date comme il se doit, il avait livré quelques jours avant son show une interprétation exceptionnelle de son tube “Papaoutai” en plein cœur de la Grosse Pomme.

Après avoir recréé son morceau étape par étape en pleine rue pour ses fans chez l’Oncle Sam, le maestro s’est laissé aller à une nouvelle prestation lunaire. Dans le centre-ville de NYC, dans le métro ou dans la brume sous le pont de Brooklyn, l’artiste, sourire figé, s’est transformé en homme-sandwich sous le regard fasciné des passants américains sur son chemin.

Preuve ultime de sa percée à l’international, Stromae n’a pas seulement conquis le cœur de Madonna, il est aussi l’un des rares artistes francophones à avoir officiellement collaboré avec l’insaisissable Kanye West. En 2013, Ye a posé un couplet sur le remix officiel de “Alors on danse”. Et puisque vrais reconnaissent vrais, les deux artistes ont même partagé la scène en 2015 lors du festival Coachella.

À moins de deux mois de la sortie de son nouvel album Multitude, prévue pour le 4 mars prochain, y a-t-il vraiment encore besoin de préciser pourquoi Stromae est un artiste extraordinaire ?

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