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Le fastueux Amadeus de Milos Forman ou le film aux 40 récompenses

Publié le

par Manon Marcillat

Une fresque rococo et musicale de trois heures, à (re)découvrir sur un écran géant ce dimanche.

Le fastueux Amadeus de Milos Forman ou le film aux 40 récompenses

Dimanche 17 juillet, dans la Cour carrée du musée du Louvre et dans le cadre de la troisième édition du festival Cinéma Paradiso Louvre, sera projeté Amadeus de Milos Forman, film récompensé d’un cortège d’Oscars (dix nominations et huit statuettes remportées, dont celles du Meilleur film, du Meilleur réalisateur et du Meilleur acteur). L’occasion parfaite de revoir ce chef-d’œuvre, qu’il faut visionner sur grand écran.

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Attiré par les personnalités hors du commun, qu’il aime désaxées, excessives mais surtout libres, Milos Forman a filmé la folie dans Vol au-dessus d’un nid de coucou, la provocation dans Larry Flynt, sur la vie du sulfureux éditeur et producteur américain qui donne son nom au film, ou la démesure dans Man on the Moon, sur l’humoriste Andy Kaufman, interprété par Jim Carrey. En 1984, il s’attaque à un monument : le plus illustre des compositeurs, Wolfgang Amadeus Mozart.

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Cinéaste de la liberté, il en a d’ailleurs pris avec la vie de Mozart et s’est attiré les foudres de quelques puristes. Car Amadeus n’est pas un biopic, c’est une œuvre de fiction, aussi extravagante que son sujet principal, et également un prétexte pour raconter l’ambivalence du génie – bien différente de son talent – et l’ambiguïté de ses relations humaines, ici nourries de la haine, du mépris, de l’admiration et de l’envie que Mozart suscite chez Salieri, son concurrent à la cour de l’empereur Joseph II et dont le film adopte le point de vue sous forme de confessions.

L’excentricité du compositeur de génie est incarnée par un illustre inconnu, l’acteur guitariste (et non pianiste) Tom Hulce, candidat idéal pour prêter ses traits au compositeur dont le public n’identifiait pas le visage. Il deviendra un parfait Mozart, décadent, cabot et libertin, mais le restera pour la vie. Seule sa voix française, celle de Luq Hamet, lui survivra. Grâce à Amadeus, la voix de l’acteur sera par la suite celle d’Iznogoud, de Roger Rabbit, de Marty McFly, ou de Brandon Walsh dans Beverly Hills 90210.

Tom Hulce sera nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur acteur pour cette performance, mais c’est F. Murray Abraham, l’interprète de Salieri, qui emportera la statuette. Le rire suraigu et démentiel de ce dernier, “qui ressemblait plus à un animal qu’à un être humain” comme le décrit une aristocrate de l’époque dans sa correspondance, parcourt tout le film, et l’entendre résonner dans la cour du Louvre devrait être une expérience en soi.

Milos Forman est un cinéaste mélomane et avait déjà placé la musique au centre de sa comédie musicale Hair et de son long-métrage Ragtime. Parmi ses rares apparitions à l’écran, on notera également son petit rôle dans Les Bien-aimés, le film musical de Christophe Honoré.

S’il faut redécouvrir ce tourbillon baroque sur écran géant, c’est bien sûr pour le faste de ses décors, de ses costumes et de son spectacle, mais aussi, et surtout, pour la musique, le troisième personnage du film. Fait rare, elle a été composée avant le tournage et a été jouée en direct en plateau. La bande originale, avec ses trente morceaux, est d’ailleurs devenue l’album classique le plus vendu de l’histoire du disque. Mozart vivait pour la musique et Amadeus vit pour la musique de Mozart.

Amadeus sera projeté dimanche à 22 h 45, après un concert du pianiste Jean-Philippe Rio-Py qui introduira la projection.

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