Parmi tous les rookies que la nouvelle génération de rappeurs nous offre chaque année, un personnage attire toutes les attentions : La Rvfleuze. Discret en interview, il laisse généralement parler la musique pour lui. L’entretien qui va suivre s’est organisé à l’occasion de la sortie de son premier album Numéro d’écrou. Un album qui arrive après de nombreux singles, singles qui ont tous, à leur manière, cartonné. 4 certifications, des millions d’auditeurs sur les plateformes de streaming, Numéro d’écrou marque un tournant dans sa carrière.
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Pour La Rvfleuze, c’est une histoire qui commence il y a trois ans, le jour de ses 20 ans, quand ses amis le traînent de force au studio pour enregistrer le premier épisode d’une série qui le fera connaître auprès du grand public.

Marine Benjamin pour Konbini
Konbini (K) : Bonjour ! Aujourd’hui, on va revenir sur ta carrière, de tes débuts jusqu’à aujourd’hui, à quelques jours de la sortie de ton projet Numéro d’écrou. Pour commencer, parlons de ta série de freestyles « Serrure », qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la musique ?
La Rvfleuze (L.R.) : C’était ma première séance studio, je l’ai enregistré d’une traite, fait écouter à mes amis du quartier et tout le monde m’a dit qu’il fallait absolument que je le clippe. Je l’ai fait, sorti la vidéo, ça a pété après. Ça n’a jamais vraiment été les gens autour de moi qui m’ont poussé à faire du rap, c’est moi-même. J’ai décidé de m’y mettre tout seul.
K : Puis deux épisodes se sont enchaînés avant un passage en prison. Déjà, à ce moment-là, on voyait qu’il se passait quelque chose de spécial autour de ton nom et de ton personnage, comment as-tu appréhendé ce succès pendant ton incarcération ?
L.R. : Je n’ai pas capté le succès pendant mon incarcération. J’étais enfermé, il n’y avait que quelques détenus qui me parlaient de musique, d’autres personnes le gardaient pour elles. Quand j’étais en détention, mes potes m’appelaient et me disaient qu’en vacances ou en boîte, ils entendaient mes sons. Mais le simple fait qu’il se passe quelque chose et que je n’étais pas là pour le voir, je voulais rien savoir. Je voulais qu’une chose, c’était sortir.

Marine Benjamin pour Konbini
K : Tu as fait une longue pause avant de revenir avec « Serrure #4 », que tu as sorti peu de temps après ta sortie de prison, c’était important pour toi de revenir avec des singles ?
L.R. : Évidemment, en sortant de prison, je savais que j’étais plus fort qu’avant, plus inspiré. Au moment de sortir, j’ai enchaîné les séances studio, j’ai pris du niveau.
K : Pourquoi ?
L.R. : Je ne pouvais qu’écrire en prison. Ils (la justice et l’administration pénitentiaire) m’ont refusé deux aménagements de peine, je n’avais plus d’espoir. Une fois dehors, j’ai sorti « Serrure #4 », « P.I.B. » et « K.A.T » avec Gazo. C’est à ce moment-là que ça a pris.
K : Ça se passe comment avec Gazo en studio ?
L.R. : Avec Gazo, on se connaît d’avant la musique, c’est naturel entre lui et moi.
K : Même après ta sortie de prison et ton succès soudain avec ces trois singles, on t’a pas énormément vu dans les médias, hormis un passage dans notre interview Trou Story, une vidéo de Pitch Addict ou d’autres vidéos qui traitent de foot. On ne t’a pas vu parler de toi sur les réseaux sociaux, pourquoi être aussi discret ?
L.R. : Me montrer, c’est pas ce que j’aime, je préfère rester avec mes gars, dans mon coin. C’est comme ça que j’ai grandi. Il y a un peu de pudeur là-dedans.
K : Tu regardes ce que les gens disent sur toi ?
L.R. : Je ne suis pas branché TikTok, ni ce genre de réseau. Je ne regarde pas souvent ce que les gens disent sur moi, je dirais environ toutes les 2 ou 3 semaines. Je n’ai pas X, les gens sont trop bizarres là-bas. Quand je vois que les gens aiment bien mes sons, je suis content. Je fais ce que j’aime, donc mon public me suit. Mais les critiques négatives ne me dérangent pas, les goûts et les couleurs, ça se discute pas.

Marine Benjamin pour Konbini
K : Il y a bientôt un an, Théodora t’a invité sur scène à Yardland, comment t’as vécu ce moment ?
L.R. : Théodora m’a appelé et m’a proposé de passer pendant son set. C’est quelqu’un de bien placé, on ne se connaissait pas avant. J’avais jamais échangé avec elle, donc quand elle me propose ça, j’suis content, ça veut dire qu’elle aime bien ce que je fais. On n’a pas encore fait de son ensemble, ça ne me dérangerait pas.
K : En parlant de son, tu as obtenu très récemment un disque d’or pour le morceau « Argent Sale », que tu as défendu chez COLORS. Un single qui parle davantage de toi. Comment t’est venu ce morceau ?
L.R. : J’étais en semi-liberté ce jour-là. Je suis rentré dans ma cellule à 22h. À 00h, j’avais fini de l’écrire, c’était fluide. Je sors le lendemain à 10h ; à 11h, j’étais au studio pour l’enregistrer. C’était une des premières fois que j’étais seul en studio pour l’enregistrement, j’ai ramené personne avec moi. Tout était fini à 17h et mes gars n’étaient toujours pas au courant. Quand je leur ai fait écouter le son, ils ont tous aimé, il n’y en a pas un qui m’a donné un avis négatif. Quand COLORS nous a appelés, j’ai direct pensé au morceau, je me suis dit que ça collait vraiment bien avec, j’ai de l’espace, j’ai le temps de respirer.
K : Le single a lancé une grosse hype pour Numéro d’écrou (l’album n’est pas encore sorti au moment de réaliser cette interview), comment tu vis cette attente ?
L.R. : Je ne ressens pas l’attente autour de moi. Ils (mon public) sont tout le temps en pétard, mais je ne sens pas d’attente particulière. Ils aiment ce que je fais, c’est ça qui m’importe. Si tu me connais sur « P.I.B.« , tu vas découvrir une autre facette de moi ; si tu me connais sur « Argent Sale », tu vas aussi découvrir une autre facette de moi. Cet album, y’a tellement de trucs différents que j’ai du mal à prédire comment mon public va réagir. J’ai écouté, réécouté le projet, je l’ai saigné, moi, je le kiffe ; après, si tu kiffes pas… Encore une fois, c’est les goûts et les couleurs, mais je suis confiant.
K : Surtout que le 10 novembre il y a une belle échéance, le Zénith de Paris, tu te sens prêt ?
L.R. : Je suis grave prêt pour le Zénith, on travaille déjà pour le 10 novembre. Vous allez découvrir ce que je prépare, prenez vos places, vous verrez là-bas.
K : Pourquoi choisir d’accueillir autant de gens lors d’une première scène solo ?
L.R. : Je connais pas les salles, leurs capacités ou l’ordre de grandeur des salles parisiennes, il me fallait un endroit pour accueillir assez de monde. Le Zénith était parfait pour ça.

Marine Benjamin pour Konbini
K : T’as un message à faire passer à tes fans ?
L.R. : Allez streamer Numéro d’écrou, vous serez pas déçus, on l’a beaucoup travaillé, j’espère que vous aimerez, y’a pas de quoi ne pas aimer.
K : Et qu’est-ce que nous, on peut te souhaiter ?
L.R. : Souhaitez-moi d’avoir 10 à 15 millions d’auditeurs dans le futur ! [rires]
K : Merci La Rvfleuze
L.R. : Merci à vous.
Numéro d’écrou de La Rvfleuze est disponible sur toutes les plateformes de streaming.












