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Rap, hindouisme, weed… immersion dans l’univers planant de Doja Cat

Publié le

par Naomi Clément

Rap, hindouisme, weed… immersion dans l’univers planant de Doja Cat

Adolescente, j’ai vécu pendant cinq ans dans un quartier assez aisé où les gens avaient pour habitude de faire des battles de rap sur Myspace. C’est comme ça que j’ai commencé : en écrivant des rimes un peu débiles, et en les rappant sur Internet. J’ai toujours su que je pouvais rapper, mais je ne m’y suis vraiment mise qu’à 17 ans.

“I make smoke music”

Depuis, Doja Cat passe la majeure partie de son temps dans les studios, loin de l’ombre offerte par les palmiers californiens et de ses plages chaudes (“où j’aimerais pourtant passer bien plus de temps“, confie-t-elle). Sa musique est un superbe patchwork dans lequel s’entremêlent ses multiples influences :

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Je dirais que c’est une fusion entre le R’n’B, le rap, la trap, la soul… tout ce qui peut attirer mon attention finalement. Les principaux artistes qui m’influencent sont Erykah Badu, Pharrell, Jamiroquai, Party Next Door et Drake. Je fais très attention à ce que j’écoute, c’est essentiel car cela influence inévitablement ma musique.

La jeune métisse paraît minutieuse dans tous les choix qu’elle fait, appliquée et exigeante. Preuve en est, le joli panel de producteurs que l’on retrouve sur son premier EP, à l’instar du Français Dream Koala dont elle a fait la connaissance sur YouTube, à l’origine du beat aérien de “No Police”. Elle semble aussi très pointilleuse sur tout ce qui touche à son personnage, à commencer par le pseudonyme sous lequel elle évolue. Née Ami Zandile, la chanteuse et rappeuse a choisi un nom de scène qui lui colle à la peau :

Doja Cat est née de mon amour pour les chats – j’en ai trois – et de celui pour la weed [dans l’argo américain, “dojo” signifie cannabis, ndlr]. J’encourage d’ailleurs les gens à en fumer si cela est fait dans un but thérapeutique, et que ce n’est pas juste pour paraître cool. 



Voilà donc d’où provient la majeure inspiration de “So High”, le titre qui l’a révélée au grand jour, et dont les paroles sont assez explicites (“Then we’ll roll up / A hunnit fuckin’ blunts /All up in my mouth“).  “J’écris toujours quand j’ai fumé. Voilà comment je pourrais appeler ma musique : du stoner rap, de la smoke music.

Inspirée par la culture indienne

Le clip de “So High” dégage effectivement une atmosphère planante qui nous entraîne au-dessus des nuages, aux côtés d’une Doja Cat transformée pour l’occasion en véritable déesse indienne, une Shakti stylisée jusqu’au bout des ongles. L’Inde et sa religion hindoue, c’est justement ce qui a influencé l’esthétique si marquée de ce premier clip.
Enfant, la jeune femme se retrouve plongée dans l’hindouisme :

J’ai vécu dans un āshram et pratiqué cette religion pendant trois années, dans les Agoura Hills en Californie. L’hindouisme m’a beaucoup inspirée pour cette première partie de ma carrière. L’univers du clip de “So High” provient de ma vie personnelle, de mon passé, ce n’est pas quelque chose qui est sorti de nulle part.
Mais à l’époque je dois dire que je détestais tout cela (rires) ! C’était la pire chose au monde à mes yeux car je m’ennuyais beaucoup, il fallait porter des écharpes sur la tête, se rendre au temple tous les dimanches… Alors que moi je voulais juste être une enfant, rencontrer des gens. J’avais envie de danser surtout.

“Je voulais être la personne qui fait danser les gens”

La danse a en effet une place importante dans la vie d’Ami Zandile. Lors de son passage sur la scène de la Gaîté Lyrique, la timidité qu’elle a pu éprouver durant l’interview s’efface intégralement derrière son superbe jeu scénique. Seulement accompagnée de son DJ, Doja Cat twerke gracieusement, nous captive – et nous fait même rire : “This next song is for all my drunken people, annonce-t-elle dans son micro. If you have a drink, please put your hands up – Oh Gosh I wish I had some drink right now…


Comme sa musique, elle a nourri ses mouvements de hanches de différentes influences :

Quand j’étais petite, c’est la seule chose que je faisais ! Je voulais être la personne qui fait danser les gens. J’ai pris des cours de ballet pendant dix ans, de danse africaine aussi… et de hip-hop. Mais j’essaie d’oublier cette dernière partie (rires). En fait je pratiquais le pop locking [un style de danse issu de la culture hip-hop – ndlr]. Je n’étais pas très douée dans l’apprentissage des chorégraphies, mais j’improvisais beaucoup.

Explorer tous les versants de l’art

S’il y a bien une chose pour laquelle Doja Cat ne laisse rien au hasard, c’est son apparence. De ses infinies tresses blondes à ses ongles vernis et colorés en passant par son long gilet transparent aux allures de baseball tee, il est évident que la rappeuse de L.A. attache une attention toute particulière à son look.
Son Instagram en est d’ailleurs la preuve : Doja Cat explore les styles, passant avec aisance d’un look kawaii au total black. À ce sujet, elle précise :

Ma mère et ma grand-mère sont peintres, ce sont des femmes très douées dans la création visuelle. Je pense que c’est elles qui m’inspirent au quotidien. Ma mère portait toujours des choses folles quand elle était plus jeune, des gros manteaux de fourrure avec des rouges à lèvre noirs… Comme c’est elle qui m’a élevée, j’étais très admirative.
J’ai aussi appris pas mal de choses sur YouTube, notamment pour le maquillage. C’est marrant ! En fait j’aime explorer absolument tous les versants de l’art, que ce soit la musique, la danse, la mode…

Les couleurs comptent beaucoup pour moi mais j’essaie à présent d’être plus minimaliste. J’ai énormément joué avec les couleurs pour cette première portion de ma carrière, mais je compte à présent explorer un autre univers, avec beaucoup de blanc, de noir… des couleurs neutres.

En attendant de découvrir ce qu’elle nous réserve, Doja Cat s’apprête à reprendre la route vers les États-Unis, après une mini tournée européenne qui lui aura permis de faire ronronner de plaisir son public outre-Atlantique. Et nous aura fait nous sentir so high l’espace de quelques instants.