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Des grosses larmes, du gore et de la route arc-en-ciel : les 15 films à ne pas rater en avril

Des grosses larmes, du gore et de la route arc-en-ciel : les 15 films à ne pas rater en avril

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(© Universal Pictures / Bac Films / Pathé / ARP Sélection)

Vous allez avoir de quoi faire !

C’est mon homme, de Guillaume Bureau (Bac Films) – Sortie le 5 avril

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Leïla Bekhti est partout, dans le drame, la comédie et nous fait même rire à la télévision. Elle est à la fois trouble et intense dans C’est mon homme, aux côtés de Karim Leklou et Louise Bourgoin où elle livre une bataille intime lorsqu’elle retrouve Julien, son mari supposé mort sur le front de guerre et désormais amnésique. Elle veut qu’ils réapprennent à s’aimer mais en sera empêchée par l’arrivée d’une autre femme qui réclame son dû. Un film aussi ambigu que son actrice principale.

Super Mario Bros, d’Aaron Horvath & Michael Jelenic (Universal Pictures) – Sortie le 5 avril

Il fallait bien qu’Illumination se mêle à l’affaire pour que l’on ait, enfin, une bonne adaptation d’un jeu vidéo en film. Ne comprenez pas un jeu narratif façon The Last of Us, mais quelque chose comme Mario — et oui, l’adaptation de 1993 est sous-cotée, on est d’accord. Mais peut-être que pour ce genre de jeu, il fallait réinventer une aventure, puiser dans l’énorme univers, avec des références évidentes et d’autres plus pointues, et surtout… en animation ! Ce film pourrait bien chambouler tout ce que l’on connaît et tout ce que l’on pense du jeu vidéo en salle, pour notre plus grand bonheur.

Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan, de Martin Bourboulon (Pathé) – Sortie le 5 avril

Deux mois après le dernier Astérix, le nouveau blockbuster français débarque, et il est d’un tout autre genre. Film d’action, épique, d’aventure, en costume — en deux parties surtout, et elle est sans doute là, la réelle audace de l’entreprise —, casting XXL, réelle ambition dans la réalisation, cascades, bastons, certes, mais surtout un grand récit, et une vraie belle adaptation. Vous y irez pour les stars ou le côté époque, vous y reviendrez pour cette bande attachante et cette histoire.

À mon seul désir, de Lucie Borleteau (Pyramide) – Sortie le 5 avril

Aurore est de celles qui osent. Celle qui a osé pousser les portes d’un club de strip-tease où elle va découvrir un monde nouveau, fait de sensualité et de sororité. En entamant une liaison avec sa collègue Mia, elle va s’immerger encore plus loin dans ce milieu méconnu et fantasmé. Un film qui met en scène une romance lesbienne complexe tout en magnifiant les corps et les scènes de show, qui sont une véritable réussite.

Kokon, de Leonie Krippendorff (Outplay Films) – Sortie le 5 avril

Dans la chaleur et l’ennui d’un caniculaire été berlinois, la discrète Nora suit sa grande sœur et sa meilleure amie dans leurs jeux adolescents et observe, de loin, leurs questionnements et les injonctions dont elles sont les précoces victimes. Sa rencontre avec Romy va changer le cours de son été et l’extraire de son cocon de torpeur. Voir l’actrice éclore au même rythme que son personnage est la plus grande réussite de ce magnifique récit de coming of age queer.

Evil Dead Rise, de Lee Cronin (Metropolitan FilmExport) – Sortie le 19 avril

Evil Dead est une franchise à part. Trois films par un même réal, chacun étant profondément distinct (un film d’horreur, une comédie, un film d’aventure médiéval), et où chaque dérivé est de qualité — la série Ash vs Evil Dead, et le remake de Fede Álvarez. Ce nouveau volet s’annonce comme la parfaite continuité de celui-ci, bien glauque, bien gore. On a hâte.

Blue Jean, de Georgia Oakley (UFO) – Sortie le 19 avril

En 1988, dans les pubs d’une petite ville d’Angleterre, l’ambiance est rock et festive mais Margaret Thatcher vient de mettre en place la Section 28, une loi visant à interdire la “promotion” de l’homosexualité dans les établissements scolaires. Jean est prof de sport et n’assume pas son homosexualité, contrairement à sa compagne. La peur de perdre son emploi va la pousser à jouer un double jeu et à faire d’une de ses élèves le dommage collatéral de cette honte d’elle-même.

Magnifié par une superbe photographie et une actrice à la retenue parfaitement juste, Blue Jean est un premier film abouti, pudique et intime à la fois, politique et militant, sans être un étendard.

Sur l’Adamant, de Nicolas Philibert (Les Films du Losange) – Sortie le 19 avril

Plus de 20 ans après son grand documentaire Être et avoir présenté à Cannes et largement récompensé, Philibert a continué sa carrière avec des films moins connus, moins reconnus. Débarque alors Sur l’Adamant, un film qui retrace sept mois sur cette péniche qui, dans le 12e arrondissement, tente une autre approche de la psychiatrie entre des soignants et des patients souffrant de troubles psychiques. Récompensé de l’Ours d’or il y a quelques semaines, c’est le documentaire indispensable de ce mois d’avril, sans l’ombre d’un doute.

Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, de Chantal Akerman (Capricci) – Ressortie le 19 avril

En avril, Capricci a choisi de ressortir le film en huis clos de Chantal Akerman, davantage connu des cinéphiles que du grand public. Pourtant, en 2022, il a été élu meilleur film de l’histoire du cinéma par 1 600 critiques, comptabilisé par le British Film Institute qui, tous les dix ans, dévoile son classement “Sight and Sought”. Aucune raison valable de louper ce chef-d’œuvre féministe.

Chien de la casse, de Jean-Baptiste Durand (Bac Films) – Sortie le 19 avril

Dog est discret et un peu gauche, Mirales est charismatique et amoureux du bon mot. Ils sont amis depuis l’enfance mais l’arrivée d’Elsa dans leur ennuyeux petit village du sud de la France va bouleverser les dynamiques de leur relation et muer le film en une captivante et malaisante chronique d’une amitié toxique. Raphaël Quenard tient ici son premier rôle principal en Mirales, dans la droite lignée des personnages ambigus qu’il aime incarner et confirme ici son immense talent d’acteur.

Beau is Afraid, d’Ari Aster (ARP Sélection) – Sortie le 26 avril

Ari Aster n’est pas que le réalisateur des grands Hérédité et Midsommar. C’est aussi un cinéaste qui a tenté, expérimenté, dans des courts-métrages parfois reconnus, parfois plus obscurs. Il est plausible que son nouveau long-métrage, sorte de grande épopée existentielle surréaliste de trois heures (!) aille puiser dans l’entièreté de l’œuvre de son auteur, pour un des films qui devrait marquer au fer rouge 2023.

Le jeune Imam, de Kim Chapiron (Le Pacte) – Sortie le 26 avril

On n’avait pas vu Kim Chapiron depuis 2014 et sa Crème de la Crème. Neuf ans plus tard, il revient avec un drame faussement intimiste sur un jeune homme, Ali, qui revient chez lui après 10 ans au Mali, et devient, grâce à son charisme et à sa volonté de bien faire, l’imam de la mosquée de sa ville. Vous pensez voir un classique film français ? Ce serait oublier que l’on parle de Kim Chapiron. Soyez prêts.

Noémie dit oui, de Geneviève Albert (Wayna Pitch) – Sortie le 26 avril

Le carton final du film est glaçant : “Au Canada, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution se situe entre 14 et 15 ans”. C’est dans ce piège qu’est tombée Noémie, une adolescente placée en foyer et qui va fuguer lorsqu’elle perd l’espoir d’être reprise par sa mère maltraitante mais qu’elle adore. Alors que Montréal accueille une course automobile, elle va enchaîner les passes dont le décompte sordide s’écoule à l’écran et aucune ellipse ne viendra soulager le spectateur.

Geneviève Albert raconte la prostitution juvénile de façon crue pour nous plonger au plus près de la souffrance physique et psychologique de cette adolescente, incarnée avec une incroyable fougue par la jeune Kelly Depeault.

Burning Days, d’Emin Alper (Memento) – Sortie le 26 avril

Un thriller turc dans nos salles obscures, c’est rare. Un thriller d’une telle puissance, sur un procureur qui essaye de confronter la corruption locale d’un petit village, c’est extrêmement rare. Les deux cumulés, c’est trop rare pour ne pas être souligné.

Mad God, de Phil Tippett (Carlotta) – Sortie le 26 avril

Phil Tippett est une légende des effets spéciaux. On lui doit des travaux importants sur Star Wars, Indiana Jones, Robocop, Jurassic Park ou Starship Troopers. Un monstre qui, à côté, a bossé pendant près de 20 ans sur un film en stop motion monstrueux. Un film unique, une descente aux enfers que l’on n’espérait plus voir dans les salles françaises, et un réel évènement.

Article écrit par Arthur Cios et Manon Marcillat.