Avec son atmosphère occulte, le talent (double) de Michael B. Jordan et son action décomplexée, Sinners fait une belle percée au box-office, surtout pour une histoire complètement originale. Enfin, comme toute œuvre de cinéma digne de ce nom, le film de vampires de Ryan Coogler propose évidemment une ribambelle de références à d’autres œuvres d’art de tout horizon. Le réalisateur de Black Panther est notamment allé piocher dans la musique pour s’inspirer, et pas forcément sur le blues de l’Amérique profonde qui est pourtant au cœur de Sinners.
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Dans une interview avec le San Francisco Chronicles, Ryan Coogler confie qu’un morceau de Metallica lui a permis de trouver le tempo d’un film qu’il a écrit « comme une musique », sous-entendu qui monte crescendo jusqu’au grand final explosif. Et le titre en question est « One », l’une des chansons phares du groupe et de l’album …And Justice for All sorti en 1989. La power ballad de plus de 7 minutes composée par James Hetfield et Lars Ulrich a profondément marqué le réalisateur de Sinners comme il l’explique en interview :
« Je voulais que le film ressemble à une musique, et j’ai tout de suite pensé à ‘One’ de Metallica. Elle démarre intensément, devient plus mélodique avant de se terminer dans un sacré feu d’artifice, là où on ne l’attendait pas. Un peu comme mon film. La première fois que je l’ai écoutée, j’ai tout de suite compris que je ne l’oublierai jamais ».
Écrite en 1987, « One » est une chanson anti-guerre du Viêt Nam, avec des paroles très sombres (« I cannot live, I cannot die, Trapped in myself, Body my holding cell ») et qui débute sur une cacophonie d’explosions de bombes et de palmes d’hélicoptères. Lars Ulrich, le batteur de Metallica, a souvent comparé sa partition à celle d’une mitrailleuse, et les solos puissants du guitariste Kirk Hammett souligne les variations entre les moments de trêves angoissantes et de batailles sanglantes au cours d’un conflit armé.
Le clip du morceau fait également référence au roman Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo, qui relate l’histoire d’un soldat américain lors de la Première Guerre mondiale. Après une grave blessure d’obus, il perd 4 de ses 5 sens mais parvient à communiquer avec une infirmière par le biais du toucher. Le roman le qualifie parfois de véritable « mort-vivant », une autre connexion que les spectateurs de Sinners pourront comprendre en regardant le film…












