Artiste emblématique de la chanson française, Christophe a marqué les esprits grâce à de nombreux tubes inoubliables. Mais quels titres retenir de l’immense répertoire du chanteur ? Cartographie en cinq morceaux, entre succès publics et tranches de vie.
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« Aline », « une Polonaise pas dégueu… »
C’est le tube que tout chanteur rêve d’avoir, même s’il est parfois difficile à porter ensuite. « Aline », ballade composée en 1965, connaît un succès instantané, s’écoulant à plus d’un million d’exemplaires. Comment s’attaquer à un tel mythe de la chanson française ? « Je ne vais pas donner de noms de mecs du showbiz qui m’avaient promis, mais qui n’ont pas été au bout… » C’est finalement Philippe Katerine qui relève le défi. « Il a dit oui tout de suite, c’est une belle rencontre. »
Aline a-t-elle vraiment existé ? En 2016, Christophe livre sa vérité au magazine de charme Lui : « Aline Natanovitch était une Polonaise pas dégueu… Et sa copine non plus ! Elle s’occupait à l’époque du vestiaire de l’Orphéon club et la journée elle était assistante dentaire boulevard du Montparnasse. »
« Les Marionnettes », pas un pantin
Un autre hit de 1965, figurant également sur l’album Aline. Elle marque aussi un bras de fer, devenu célèbre depuis, pour son passage à l’émission télé Têtes de bois et tendres années le 27 octobre 1965. Albert Raisner, l’animateur, veut que Christophe entonne « Tu n’es plus comme avant », « ayant cosigné le titre sans avoir rien écrit », tacle le dandy dans Libération en 2010. « Pas question : je chante ‘Mario’ [petit nom qu’il donne au titre ‘Les Marionnettes’, ndlr] ou je me casse. »
« Tout le monde baisse les bras. J’étais programmé, impossible de m’isoler, ils savaient que j’étais prêt à me tirer tranquille… On a fait un succès TV ce soir-là. Je suis fier, je n’écoute que moi, je ne vois que moi dans cette chanson. » En costume sombre au premier plan, le jeune homme, 20 ans, chante alors qu’une dizaine de danseuses se déhanchent au second plan, les poignets attachés par des fils tombant du plafond.
« Succès fou », chanteur pour séduire ?
Les paroles de ce morceau de 1983 restent elles aussi facilement dans les mémoires :
« Avec les filles j’ai un succès fou
Le charme ça fait vraiment tout
Un p’tit clin d’œil pour un rendez-vous »
Autobiographique ? Le journaliste multicarte Christian Eudeline, dans sa biographie Christophe, portrait du dernier dandy (Fayard, 2014), lui pose la question : « N’es-tu pas devenu chanteur pour séduire ? » Réponse du « Beau bizarre » (titre d’un album de 1978) : « Non, mais j’en ai joué. Les chanteurs ont un avantage à mon avis monumental, c’est une embellie de la vie. »
« Les Mots bleus », avec Jarre
Cette collaboration avec Jean-Michel Jarre a elle aussi marqué les esprits français. Jeune parolier à l’époque, l’artiste écrit les textes de deux albums majeurs – et leurs morceaux-titres phares – « Les Paradis perdus », en 1973 et « Les Mots bleus », en 1974, tandis que Christophe s’occupe de la musique.
« Nous sommes complémentaires. Moi, j’ai un côté à fleur de peau, ma culture va arriver, elle n’est pas encore là. Jean-Michel a un côté plus intello. Lui, il a écrit ‘Les Mots bleus’ ; moi, ‘Les Marionnettes’. Vous voyez la différence ? », s’amusait Christophe dans un entretien croisé avec JMJ dans Le Parisien en 2016. « Nous partagions une passion pour les albums concept et la magie. Dès notre première chanson, ‘Les Paradis perdus’, tout était dit », commentait Jarre à l’époque.
« Le Dernier des Bevilacqua », le jeu
C’est son nom. Christophe est né Daniel Bevilacqua. Dans cette chanson de 1974 – dont les paroles sont également de Jarre –, on entend : « Tout se jouait sur une paire de rois/Pour le dernier des Bevilacqua. » Référence directe au poker, l’une de ses passions, c’est aussi une métaphore de vie. « Il faut être un peu flambeur pour faire ce qu’on fait, c’est pas du sûr tout le temps », disait-il à l’AFP en décembre 2019.
Konbini avec AFP
Article publié le 17 avril 2020, mis à jour le 16 avril 2021.












