Pour son septième album, Beach House brille par sa constance à proposer un son hors du temps qui transporte toujours aussi loin.
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Difficile de saisir les contours de la musique de Beach House. Incandescente, hypnotique, nostalgique. À la manière des peintures impressionnistes, elle s’inscrit dans le réel sans vraiment y correspondre. Elle invoque des émotions familières et universelles tout en restant étrangère à la réalité. Quand on parle de Beach House, on parle d’ailleurs souvent de dream pop, d’une performance à la fois complètement intime et en même temps insaisissable. 7, le nouvel album du groupe, n’échappe pas à cette logique. Loin de là.
Succédant aux albums Depression Cherry et Thanks for Your Lucky Star sortis successivement en 2015, 7 possède, par son appellation, quelque chose d’à la fois cryptique et de complètement terre à terre. Bien sûr, ce choix fait référence à son statut de septième album du duo.
Le groupe a cependant poussé la logique à l’obsessionnel en calculant chaque paramètre de sa conception en fonction de ce chiffre. D’après Pitchfork, si le premier single de l’album est sorti le 14 février dernier (soit le 14/2), c’est que l’addition de tous les chiffres est égale à 7 (1+4+2). Aussi, en ajoutant les onze pistes de l’album à la discographie du groupe, on atteint 77 titres et le numéro de série initial du disque était 777.
À l’écoute de ce nouveau projet, on ne peut que constater la constance avec laquelle Beach House arrive, album après album, à nous plonger dans sa bulle cotonneuse sans jamais se répéter. Tout en conservant son ADN difficilement imitable, le duo constitué d’Alex Scally et de Victoria Legrand arrive à faire de chaque morceau une découverte.
On se sent tantôt plongé sous un ciel orageux, électrisé par les guitares de « Drunk in L.A. », tantôt complètement serein et apaisé sur le doux « Lose Your Smile » pour finir par une conclusion transcendante avec « Last Ride ». La voix omnisciente de Victoria Legrand nous fait alors ses adieux sur un morceau de 7 minutes (ou 6:59 minutes précisément), comme un dernier clin d’œil à la logique du projet.
Dans sa review d’album, Pitchfork a écrit de manière assez juste : « Vous entrez dans leur projet de la façon dont vous vous installez dans une salle de cinéma, demandant à être submergé et baigné de lumière. » Avec le retour des beaux jours, on vous recommande vivement d’écouter l’album la fenêtre grande ouverte et de vous laisser aller à la lumière de ce projet éclatant.
7 de Beach House est disponible depuis le 11 mais 2018.












