« Back Side », l’expo qui retrace l’histoire de la mode côté dos

« Back Side », l’expo qui retrace l’histoire de la mode côté dos

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© Sieff Hilde

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Par Apolline Bazin

Publié

Le Palais Galliera propose une réflexion originale sur cette face presque cachée de l'histoire du vêtement.

« Back Side/Dos à la mode » est une exposition hors les murs du Palais Galliera, actuellement en travaux d’agrandissement. C’est donc le Musée Bourdelle, situé dans le XVe arrondissement, qui accueille les silhouettes sculpturales. Un hasard de calendrier plutôt heureux qui permet de faire un joli parallèle entre les immenses statues d’Antoine Bourdelle et l’exploration des créations qui magnifient le dos.

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Dos entravé

Seule partie du corps que l’on ne peut pas voir ni vraiment toucher, le dos est associé au travail (« en avoir plein le dos, se casser le dos »…) et à la traîtrise dans la culture occidentale (« faire un enfant dans le dos de quelqu’un, poignarder dans le dos »…). Pendant longtemps, les vestons des hommes sont faits d’une matière moins noble que l’avant des vestons. Seul marqueur de noblesse pendant des siècles, la traîne pare les vêtements féminins et fait exception.

Les attaches dans le dos sont quasi exclusivement réservées au costume féminin pendant des siècles, un indicateur de la condition de la femme : les silhouettes étaient sculptées et entravées dans des corsets, rendant impossible de s’habiller ou se déshabiller seule. Le corset a ensuite été revisité. Ces attaches en disent long sur le conditionnement du corps des femmes…

Dos sensuel et libéré

Le décolleté de dos se développe dans les années 1930 pour contrer la censure qui réglemente les décolletés à Hollywood. Le dos dénudé récupère donc la charge érotique du vêtement féminin. Un virage qui ouvre la porte à toute une série d’explorations au XXe siècle, terrain de jeu préféré de l’audacieux Yves Saint Laurent dont les créations sont immortalisées par Jeanloup Sieff.

Jean-Paul Gaultier et Azzedine Alaïa vouent une attention particulière à cette partie du corps. Alexander McQueen en fait « une zone érogène sous exploitée ». Les créatrices aussi ne sont pas en reste, sachant sans doute le confort de certaines compositions : Lanvin, Givenchy by Clare Waight-Keller, Anne Demeulemeester…

Dans la pensée japonaise, le dos est une partie noble, symbole d’équilibre, et on retrouve de nombreuses créations de Yohji Yamamoto au cœur de « Back Side ». Dans une collection qui fait date en la matière, le créateur confie : « Le dos, c’est le point focal de ma construction. Là, près des clavicules, c’est ce qui va décider de l’émotion d’un vêtement. Il m’arrive de suivre des femmes dans la rue et de savoir rien qu’à leur silhouette, à leur démarche si elles sont belles ou pas. » 

L’exposition se termine sur une ode aux messages que l’on affiche à l’arrière des vestes de sport, pour marquer son appartenance à une communauté.

« Back Side/Dos à la mode », exposition à voir jusqu’au 17 novembre 2019 au Musée Bourdelle.