En plein épisode de canicule, vous voyez des icebergs au Havre, et vous vous dites que le climat est définitivement déréglé ? Ce n’est pas faux, mais si les températures actuelles sont bien réelles, les icebergs, eux, sont en réalité sculptés. Un Été au Havre revient pour sa saison 2026, avec des installations d’art contemporain, permanentes ou éphémères, disséminées dans la ville. Une visite culturelle définitivement rafraîchissante, à découvrir jusqu’au 20 septembre 2026.
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Gaël Charbau, directeur artistique de l’événement : « [Les] œuvres [des artistes] ne sont pas de simples ajouts : elles ouvrent le monde merveilleux des hypothèses. Elles ne sont pas utiles au sens habituel. Elles maintiennent un rapport non linéaire à l’espace et au temps, elles délient les langues et libèrent les langages, elles nous forcent à l’exercice du goût, de la curiosité et du sensible. »

Charlotte Huard – Corallium (© Anne-Bettina Brunet)
Des icebergs et du corail fait à partir des habitants du Havre…
Parmi les incontournables de cette saison, Les Optimists de Lorène Dengoyan réunissent 26 petits voiliers, souvent utilisés dans l’apprentissage de la voile pour les enfants. Leurs voiles colorées portent des messages, déchiffrables à la condition de s’y connaître en code maritime international. On retrouve également l’installation Icebergs de Gaspard Combes, dont la pièce forme une arche givrée, aussi frais qu’insolite, au milieu du bassin du Commerce. La structure en polystyrène, qui sera recyclée en fin d’événement, propose une réflexion évidente sur le réchauffement climatique et la montée des eaux.
Dans les must-see toujours, la designer française Sophia Taillet, formée entre Paris et New York, dévoile Spinning Around, une installation composée de miroirs rotatifs, que l’on avait déjà aperçue lors de la Paris Design Week de 2025. Cette fois installés sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, les miroirs jouent avec les façades des monuments, les détails d’architecture et le reflet du ciel.

Lorene Dengoyan, Les Optimists (© Anne-Bettina Brunet)
De son côté, Samuel Trinquier, artiste belge né au Gabon, a imaginé une maison aux génies : son œuvre Les génies passent aussi le permis, faite d’amphores aux motifs colorés plus ou moins abstraits, est pensée comme un refuge aux génies, une résidence secondaire lorsqu’ils ne sont pas en train de taffer à exaucer des vœux dans une lampe à huile.
Sur le quai de l’île, Charlotte Huard imagine un « corps-corail », une pièce déconcertante qui se fond dans le paysage, composée d’une multitude de mains des habitants du Havre. Sans oublier Grégory Chatonsky qui continue sa série La Ville qui n’existait pas, ou encore Guillaume Aubry, dont l’œuvre Sur le motif, située à quelques mètres de là où Claude Monet a peint Impression, convoque forcément les couleurs du célèbre tableau.
Monet sur les quais et au musée
La pièce de Guillaume Aubry, qui marque les cent ans de la disparition du peintre, fait aussi écho à la programmation du MuMa, qui, jusqu’au 27 septembre, rend hommage aux passages de Monet dans la ville portuaire, avec son exposition « Monet au Havre ». Avec une centaine de pièces exposées, le musée revient sur près de trois décennies d’allers-retours entre Paris et Le Havre, les paysages normands, les rencontres décisives que Monet y fait, et ses premières années de création à aiguiser son regard. « L’exposition éclaire les trois décennies – de 1845 à 1874 – durant lesquelles Monet partage sa vie entre Le Havre et Paris. Ce temps d’apprentissage et d’affirmation voit naître une sensibilité picturale nouvelle qui conduira à l’émergence de l’Impressionnisme », détaille le MuMa.
Intra muros, d’autres expositions valent aussi le détour, dont Réminiscences, Fantômes de l’esclavage dans la Maison de l’armateur, qui marque les 25 ans de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Les artistes Emmanuelle Gall, dont les ancêtres étaient esclaves, et Ari Hamot convoquent les fantômes d’un passé douloureux et invitent à réfléchir à ses conséquences jusque dans notre société actuelle. Rendez-vous jusqu’au dernier jour de l’été pour découvrir les installations éphémères de cette édition 2026.

Guillaume Aubry, Sur le motif (©Anne-Bettina Brunet)

Sophia Taillet, Spinning Around (© Sophia Taillet)
Un Été au Havre, du 27 juin au 20 septembre 2026, au Havre.
Konbini, partenaire d’Un Été au Havre.












