Adolescence, le choc sériel de l’année, a failli ne jamais voir le jour

Adolescence, le choc sériel de l’année, a failli ne jamais voir le jour

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Par Delphine Rivet

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On connaît une plateforme de streaming qui doit s'en mordre les doigts !

Sur le papier, rien ne prédestinait Adolescence à devenir le phénomène qu’elle est aujourd’hui. Lancée sans promo ni fanfare en mars 2025 sur Netflix, cette mini-série britannique de quatre épisodes, portée par Stephen Graham et Jack Thorne, s’est rapidement imposée comme l’un des chocs télévisuels de l’année. Attendue comme grande favorite aux prochains Emmy Awards, elle aurait pourtant pu ne jamais voir le jour.

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À l’origine, le projet est développé chez Amazon, via un accord d’exclusivité avec Plan B, la société de production de Brad Pitt. Malgré un pilote salué, les dirigeants d’Amazon tergiversent. L’équipe créative — Stephen Graham, Jack Thorne, et le réalisateur Philip Barantini — commence à écrire d’autres épisodes sur leurs propres deniers, dans l’espoir que cela achèvera de convaincre le diffuseur.

Mais à Noël 2023, Amazon rend sa décision : ils passent leur tour. Le projet est jugé trop risqué, pas assez « mainstream ». Stephen Graham se souvient qu’une cadre d’Amazon aurait même déclaré : « Si vous nous apportez Gerard Butler dans un avion, on le fait. Mais pas comme ça ».

Tout espoir semblait alors perdu. Mais, coup de théâtre : quelques jours plus tard, une réunion avec Netflix porte ses fruits : le feu vert est donné. Moins de deux mois plus tard, Adolescence entre en tournage. Son dispositif audacieux — chaque épisode tourné en un seul plan-séquence — et son regard incisif sur la jeunesse, les réseaux sociaux et l’échec des institutions, trouvent un écho international inattendu. Le public est captivé. Le bouche-à-oreille est fulgurant. On parle même de série d’utilité publique.

Aujourd’hui, en plus d’être adoubée par le système éducatif, Adolescence est en passe de dominer la saison des prix, et Amazon doit se mordre les doigts d’avoir laissé filer ce bijou. Dans un marché saturé de formats consensuels, la série rappelle que le courage créatif paie. Et que parfois, il suffit d’un « non » mal placé pour faire naître, ailleurs, un chef-d’œuvre.