5 œuvres phares de Leandro Erlich, architecte de pièces renversantes

5 œuvres phares de Leandro Erlich, architecte de pièces renversantes

photo de profil

Par Pauline Allione

Publié

L’architecture surréaliste de l’artiste argentin est exposée au Grand Palais jusqu’à la rentrée de septembre.

Une échelle qui débouche sur le vide, une fenêtre avec vis-à-vis sur soi-même, une porte d’entrée faussement fracassée, des barques sur une eau étonnante… À partir de ce qui constitue notre quotidien, Leandro Erlich défie toute logique, et joue avec notre perception de l’espace-temps. Au Grand Palais d’été, l’artiste bénéficie de sa première rétrospective monographique française : une expo renversante à découvrir jusqu’au 6 septembre 2026.

À voir aussi sur Konbini

Après plusieurs présentations à travers le monde, c’est à Paris que s’arrête l’exposition consacrée à Leandro Erlich, passé maître dans la création de perspectives aussi malines que troublantes. Né en 1973 à Buenos Aires et désormais établi entre son pays natal, Paris et Montevideo, en Uruguay, l’artiste contemporain présente, entre les murs du Grand Palais, 14 installations monumentales à en filer le tournis. Les œuvres, interactives et à échelle humaine, repensent l’architecture et transforment notre expérience du réel. Effets garantis : surprise, vertige et fun. En attendant de vivre l’expérience IRL, retour sur cinq œuvres de Leandro Erlich.

Swimming Pool, 1999

Présentée à la Biennale de Venise en 2001 et exposée de façon permanente au musée d’art contemporain du 21ème siècle de Kanazawa, au Japon, Swimming Pool donne l’illusion d’une piscine, à l’exception du fait que celle-ci ne mouille pas. Bassin rempli d’eau en trompe-l’œil, l’une des premières œuvres de Leandro Erlich repose sur l’illusion créée par une épaisse couche de verre transparent et permet au public de pénétrer « sous l’eau »… sans avoir à retenir sa respiration.

Port of Reflections, 2014

Un tour de barque sur une eau calme, au clair de lune ? C’est ce que promet, en apparence, Port of Reflections. Mais comme il ne faut jamais se fier aux apparences avec l’artiste argentin, les six barques colorées ne sont ni tout à fait six, ni tout à fait sur une eau remuée par de légères vagues. On ne veut pas (trop) gâcher la surprise, alors on n’en dira pas plus.

Bâtiment, 2004

Vous rêvez de vous mettre au parkour dans les rues de Paris, mais votre bon sens vous en empêche ? Ça tombe bien parce que le Grand Palais expose actuellement l’une des œuvres les plus célèbres de Leandro Erlich : Bâtiment, une pièce au sol qui reproduit la façade d’un bâtiment haussmannien sur trois étages en taille réelle. Les visiteur·ses peuvent ainsi faire mine d’escalader les façades ou de se suspendre à des jardinières, tandis qu’un gigantesque miroir incliné à 45° donne l’impression que l’immeuble respecte les lois de la gravité.

Pulled by the Roots, 2015

Certainement divertissante, l’œuvre de Leandro Erlich est pour autant loin de manquer de profondeur et d’engagement. En 2015, l’artiste imagine une maison suspendue dont les racines deviennent alors visibles. Une pièce qui fait directement écho à l’intensification du conflit en Syrie et au déracinement de nombreux·ses réfugié·es syrien·nes arrivé·es en Europe. Au-delà de la métaphore, Pulled by the Roots (Tiré par les racines) aborde aussi le lien organique entre architecture et nature, et la présence de la nature, même sous le béton.

Infinite Staircase, 2020

Si les escaliers de Poudlard vous ont toujours intrigué, attendez de découvrir l’œuvre Infinite Staircase visible au Grand Palais. Escalier disposé à l’horizontale et étiré à l’infini grâce à un jeu de miroirs, la volée de marche a un effet déroutant. Et comme les autres, l’installation compte les qualités inhérentes au travail de Leandro Erlich : transformer le public en acteur, et injecter fun et poésie dans l’architecture du quotidien.

L’exposition consacrée à Leandro Erlich est visible au Grand Palais jusqu’au 6 septembre 2026.

Konbini, partenaire du Grand Palais.