Pourquoi l’arrivée de Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga pourrait tout changer ?

Pourquoi l’arrivée de Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga pourrait tout changer ?

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©Marc Piasecki/WireImage

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Par Cheynnes Tlili

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La maison passe clairement du Coca Light.

Si vous aviez raté l’info la plus importante de ce début de semaine pour les gens de la mode, sachez que Pierpaolo Piccioli, l’ancien directeur artistique de la maison italienne Valentino, a été nommé à la tête de Balenciaga.

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Après avoir passé 25 ans dans la maison romaine, celui qu’on appelle souvent « Pierpaolo » comme si c’était notre pote, a passé plus d’un an sans maison. Imaginez alors le niveau de joie quand on a appris que celui qui a donné son nom à une teinte Pantone de rose allait remplacer Demna chez Balenciaga. Non pas que nous ne soyons pas fans ici du travail de ce dernier, mais parce que les styles des deux designers n’ont rien à voir.

L’un est bourré de couleur, de romantisme, de robes de princesse, de fleurs et de volume. L’autre est plus sombre et prend plaisir à bouger les codes, à repenser la mode, à redéfinir l’élégance et, très souvent, à défrayer la chronique. C’est un peu comme si on demandait à Pedro Almodovar de réaliser un remake de Matrix. Intriguant non ?

De notre côté (et surtout comme on est très impatients), on s’est demandé à quoi pourrait ressembler l’ère Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga. On a alors réuni tout ce qu’on savait sur ce dernier et passé en revue ses plus grands défilés, et voici ce qu’on a noté sur carnet noir, rempli de pages colorées.

Sans suspense, de la couleur

Dans notre grand jeu des sept différences entre un moodboard signé Piccioli et l’autre estampillé Demna, s’il y a bien quelque chose qui saute aux yeux c’est la dose de couleur. L’ex-designer de Valentino nous l’a prouvé au fil des saisons avec une maîtrise parfaite du color block et une palette infinie. Bien sûr, Demna qui est resté quinze ans chez Balenciaga a aussi donné vie à des looks colorés si on fouille dans les collections Automne-hiver 2016, 2018, printemps-été 2020 par exemple, ou encore dans ses déclinaisons des Triples S ou des sacs Cagoles en néon. Mais, admettons-le, ce n’est pas l’adjectif qui vient en premier quand on doit qualifier son style, contrairement à son remplaçant.

Du Rose PP

Puisqu’on continue avec la couleur, rappelons quand même que durant son règne romain, Pierpaolo Piccioli a pantoné (le mot n’existe pas mais il mérite qu’on le crée) une teinte de rose, le Rose PP. C’est clairement la couleur signature de son passage chez Valentino. Une coutume qu’il semble avoir perpétuée puisque la couleur signature de Valentino Garavani (fondateur de la maison Valentino) était le rouge. On se demande alors s’il y aura aussi une couleur signature chez Balenciaga sous son règne. Allez, pour les paris, je mise sur le jaune.

Des fleurs (ou Rihanna)

Vous vous souvenez de ce défilé sensationnel sur les escaliers de la Villa Médicis à Rome ? Celui où ce panel de fleurs aurait pu rendre vert de jalousie n’importe quel fleuriste (on hyperbole un peu mais le plus beau bouquet était ici). Et si ce n’était pas suffisant, rejetons un coup d’œil au look du Met Gala 2023 de Riri. On est sur le même ton.

Du Romantisme et de l’opulence

De longues tiges avec des plumes, du tulle à ne plus savoir qu’en faire, du volume à ne plus passer les portes, de la transparence, des coupes sirènes, des strass et évidemment, des paillettes. Au cours de ses 25 années chez Valentino (dix-sept sans Maria Grazia Chiuri) il a exploré le vestiaire de la jolie madame qui se la joue party girl à coup de robes de grand soir. Alors que du côté de chez Demna, on est plus dans une revisite du dressing de la bourgeoise qui se veut hype et rebelle. Mais on aime les deux, on ne fera pas de jaloux.

Du cinoche

Pour l’anecdote, le nouveau DA de Balenciaga n’avait jamais pensé à une carrière dans la mode mais plutôt dans le cinéma car il serait un grand fan de Pasolini (peut-être parce qu’ils partagent le même prénom). C’est pour cela qu’il insérerait ses réfs cinématographiques dans ses collections. Donc quand on voit à quel point la mode prend de la place à Hollywood, on pourrait aisément imaginer une collaboration à l’image de celle entre Jonathan Anderson avec le film Challenger, mais cette fois-ci avec Balenciaga par Pierpaolo Piccioli. Puis ce ne serait pas cette illustre maison fondée par Cristobal Balenciaga en 1917 qu’on nous a racontée sur le petit écran ?