Mort du streamer Jean Pormanove : que se passe-t-il concrètement sur Kick ?

Mort du streamer Jean Pormanove : que se passe-t-il concrètement sur Kick ?

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@jeanpormanove sur instagram

Par Jules "Galdenash" Goetz Alexa Bancon

Publié

Le streamer Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, est décédé dans son sommeil alors qu’il était encore en live sur la plateforme de streaming.

Dans la nuit du 17 au 18 août, le streamer Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, est mort alors qu’il était en stream sur la plateforme controversée Kick. Depuis plus de deux ans, il semblait être victime d’agressions physiques et psychologiques répétées de la part de ses co-animateurs Naruto et Safine, comme le rappelle Mediapart. 

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Mais c’est quoi Kick ?

Lancée en décembre 2022, Kick est une plateforme de streaming en direct qui vise à concurrencer les mastodontes YouTube et Twitch. Fondée par les créateurs du casino en ligne Stake, Kick promet aux streamers une liberté presque totale sur les lives. En plus, la plateforme attire beaucoup de nouveaux créateurs grâce aux revenus proposés : 95 % pour le streamer, contrairement à 50 % à 70 % sur Twitch.

Contenus violents, peu de modération, extrémisme… Certains streamers se sont mis à y diffuser des lives inspirés de ce qu’on peut trouver sur le dark web ou des forums sans modération comme 4chan. Le contenu disponible sur la chaîne de JP mettait en scène les humiliations et les violences physiques qu’il subissait de la part de ses co-animateurs : étranglements, coups, violences verbales… dans des lives qui pouvaient durer plusieurs jours sans aucune interruption.

Mais qui est la cible de ces streams ? 

Le public visé est jeune, influençable et peut être exposé à ce contenu pendant plusieurs jours de suite. Les viewers de la chaîne de JP étaient invités à faire des donations qu’ils accompagnaient d’insultes, sans aucune modération, pendant toute la durée des streams. Une violence réfutée par l’un des co-animateurs de la chaîne de JP dans une interview donnée à Mediapart en 2024 : “On en a déjà rencontré plein des gens qui disent “cotorep” ou qui s’amusent avec JP (…).  Ce sont des personnes adorables qui adorent JP”. 

Inspiration morbide

Le contenu disponible sur la chaîne de JP mettait en scène de l’humiliation, des violences physiques telles que des étranglements, des coups et des violences verbales à longueur de lives. Des lives qui rappellent l’esthétique des « red rooms », figures d’un Internet parfois fantasmé du deep web et reprises régulièrement dans les codes des films d’horreur, où des mises en scène de personnes se feraient torturer, agresser ou même tuer, comme abordé dans le film Red Rooms en 2024.

Une enquête ouverte

À l’heure actuelle, une enquête a été ouverte sur les circonstances de la mort de JP. L’Arcom, quant à elle, a été saisie par Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique. Kick France n’a toujours pas réagi publiquement.