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Vers une sensibilisation au manspreading dans les transports parisiens ?

Publié le

par Mélissa Perraudeau

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Le Conseil de Paris a voté une incitation auprès des dirigeants de la RATP, du Stif et de la SNCF, en faveur d’une sensibilisation au manspreading. Une avancée que n’a pas attendue un groupe féministe militant, qui a collé des pictogrammes dans le métro parisien.

Le mois dernier, la ville de Madrid s’engageait dans la lutte contre le manspreading dans les transports en commun. Elle décidait alors de diffuser dans tous ses bus des pictogrammes éloquents, montrant un homme assis les jambes largement écartées. Une mesure inspirante pour les Franciliens, qui avaient cependant rapidement appris que la région Île-de-France et le Stif (Syndicat régional des transports) n’avaient pas l’intention de prendre des mesures pour le moment, différenciant le manspreading des pratiques de harcèlement.

Une façon de "reconnaître que le partage de l’espace public n’est pas toujours fait en faveur des femmes"

Ce mardi 4 juillet, le Conseil de Paris a toutefois voté une incitation auprès des dirigeants de la RATP, du Stif et de la SNCF, en faveur d’une sensibilisation au manspreading. La demande était portée par David Belliard, conseiller de Paris du groupe écologiste. D’après LCI, il a déclaré :

"Comme cela se fait dans certaines grandes villes et grandes métropoles, dans les transports en commun, nous demandons à ce que notre conseil et la ville interpellent la RATP et les dirigeants de la mobilité en Île-de-France sur la nécessité de communiquer sur cette problématique du manspreading de façon pédagogique, afin de faire reculer cette pratique."

Si, comme il l’a expliqué à LCI, le but n’est pas de sanctionner le manspreading, il considère néanmoins qu’il est important de ne pas accepter ces comportements qui relèvent de "violences plus pernicieuses". Sa condamnation est également une façon de "reconnaître que le partage de l’espace public n’est pas toujours fait en faveur des femmes, surtout dans les transports en commun".

Des propos qui coulent de source pour le collectif Osez le féminisme, qui avait notamment créé des visuels de sensibilisation au manspreading en 2014 pour son opération "Take Back The Metro". Depuis vendredi dernier, la Brigade anti-sexiste, un groupe militant féministe parisien, colle ces visuels dans les 14 lignes de métro de la capitale afin de commencer la sensibilisation.

De l’importance de "considérer le manspreading comme un harcèlement physique"

On peut y voir les mêmes lettres blanches et le même fond gris que sur les pancartes officielles de la RATP, et un homme écartant tellement les jambes que sa voisine doit se recroqueviller. Un message, traduit en anglais et en allemand, avertit :

"L’ouverture des cuisses n’est pas utile. La fermeture des cuisses est préférable car les testicules ne sont pas en cristal, elles n’exploseront pas : vous pourrez ainsi laisser plus de places à vos voisines ; vous ne polluerez plus leur champ visuel."

En tout, d’après 20 Minutes, ce sont 300 autocollants qui auraient été apposés dans 30 rames différentes, valant aux membres de la Brigade des commentaires très variés, allant des compliments aux insultes. Le groupe militant, qui compte une trentaine d’antennes en France, et d’autres en Suisse, en Belgique et bientôt aux États-Unis, ne compte pas s’arrêter là et attend "que des mesures soient prises pour considérer le manspreading comme un harcèlement physique que subissent les femmes tous les jours dans les transports".

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