Rose McGowan le 31 mars dernier lors d’une première à Hollywood. (© Jason LaVeris/FilmMagic via Getty Images)

Rose McGowan révèle avoir été violée par Harvey Weinstein et dénonce l'implication des studios Amazon

L’actrice a fait ces révélations sur son compte Twitter tout juste réactivé, tandis que des internautes boycottent ce 13 octobre le réseau social pour protester contre sa suspension temporaire.

Rose McGowan le 31 mars dernier lors d’une première à Hollywood. (© Jason LaVeris/FilmMagic via Getty Images)

Dans l’affaire Weinstein, Rose Mcgowan a été l’une des premières à parler publiquement, sinon la première. Il y a un an, presque jour pour jour, elle participait à la campagne du hashtag #WhyWomenDontReport (pourquoi les femmes ne portent pas plainte) en révélant qu’elle avait été violée par un ponte d’Hollywood.

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"Parce que c’est un secret de polichinelle à Hollywood/dans les médias et qu’ils m’ont culpabilisée tout en adulant mon violeur. #PourquoiLesFemmesNePortentPasPlainte"

"Parce que mon ex a vendu notre film à mon violeur pour qu’il le distribue. #PourquoiLesFemmesNePortentPasPlainte"

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L’actrice n’avait pas révélé le nom de cet homme, mais avait ensuite fait partie des premières victimes ayant dénoncé publiquement le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles et les viols dont est soupçonné le producteur Harvey Weinstein depuis l’enquête du New York Times publiée ce 5 octobre. Dans les colonnes du quotidien new-yorkais, Rose McGowan a expliqué avoir fait partie des victimes ayant accepté un règlement financier de la part du puissant businessman après une agression. C’était en 1997, alors qu’elle était âgée de 23 ans et était à l’affiche de Scream. Elle s’était retrouvée dans la chambre d’hôtel d’Harvey Weinstein lors du festival de Sundance, mais l’actrice n’a pas clairement expliqué ce qui s’était passé (peut-être à cause de l’accord financier légal qui avait été signé ?).

"Je vous demande d’arrêter de financer des violeurs, des pédophiles présumés et des harceleurs sexuels"

Ce 12 octobre, Rose McGowan a finalement déclaré sur Twitter que le producteur l’avait violée. Et accusé Amazon Studios, en s’adressant à Jeff Bezos, son PDG, d’avoir non seulement fermé les yeux sur ce viol, mais plus largement protégé "les violeurs, les présumés pédophiles et harceleurs sexuels".

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"J’ai dit au chef de votre studio qu’Harvey Weinstein m’avait violée. Je l’ai dit, encore et encore. Il a dit que ça n’avait pas été prouvé. J’ai dit que j’étais la preuve."

"J’avais déjà vendu un script que j’avais écrit à votre studio, c’était en cours de développement. Quand j’ai entendu qu’un investissement financier de Weinstein était dans les tuyaux, j’ai vivement supplié le directeur du studio de faire ce qui devait être fait.

J’ai été ignorée. Le deal était conclu. Amazon a gagné un sale Oscar."

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"J’ai appelé mon avocat et je lui ai dit que je voulais reprendre mon script, mais avant que je puisse le faire, les studios Amazon m’ont appelée pour me dire que le show était mort."

"Je vous demande d’arrêter de financer des violeurs, des pédophiles présumés et des harceleurs sexuels. J’adore Amazon mais il y a des pourritures à Hollywood.

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. Prenez position pour la vérité."

Le dirigeant du studio à qui l’actrice fait référence est Roy Price, qui a été suspendu de ses fonctions pour harcèlement sexuel ce 12 octobre, mais pour une autre raison. Il aurait harcelé sexuellement Isa Hackett, productrice de séries pour Amazon, en juillet 2015. Elle aurait immédiatement signalé les faits à la direction d’Amazon, qui aurait lancé une enquête interne, sans que Roy Price ne soit inquiété.

Sous le hashtag #ROSEARMY, des milliers d’internautes ont apporté leur soutien à Rose McGowan, et appelé à ne plus jamais protéger les agresseurs.

#WomenBoycottTwitter

Dans cette même optique, quand Twitter a temporairement suspendu le compte de l’actrice Rose McGowan, "punissant" en quelque sorte l’actrice pour s’être exprimée publiquement, la mobilisation s’est rapidement organisée autour du hashtag #WomenBoycottTwitter. L’idée : boycotter le réseau social pendant vingt-quatre heures ce 13 octobre, pour protester contre sa politique de modération jugée sexiste et son manque d’implication dans la lutte contre le harcèlement.

"Dommage que Twitter n’ait pas suspendu Donald Trump quand il a tweeté le numéro de Lindsay Graham. En revanche, Rose McGowan y a eu droit."

Traduction : "Les mecs, faisons ça aussi. Pas de tweets pendant une journée en solidarité avec Rose McGowan."

Traduction : "Les femmes, je comprends que vous pensez que est une question de silence. Mais ça concerne aussi des publicités payantes. Ça va frapper Twitter au porte-monnaie."

Personnalités et anonymes ont montré leur engagement et leur solidarité avec Rose McGowan et toutes les victimes d’agression sexuelle. Des femmes comme des hommes, qui connaissent personnellement l’actrice ou non, demandent à ce que la honte change enfin de camp.

Traduction : "Hé @Twitter, ce gars ne verra aucune de vos pubs aujourd’hui. Je déconnecte pour vingt-quatre heures. "

Traduction : "Demain, pendant que le trafic de Twitter sera incroyablement calme, vous pouvez peut-être en profiter pour bosser sur vos règles de modération."

Traduction : "Voilà les mentions que j’ai eues depuis que j’ai posté il y a trois minutes. "

Par Mélissa Perraudeau, publié le 13/10/2017

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