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À compter d'aujourd'hui, nous vivons à crédit

Publié le

par Rachid Majdoub

La population mondiale a consommé toutes les ressources mises à sa disposition par la planète pour cette année 2015.

Le film <em>La Route</em>, avec Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee

C'est le jour J. À partir de ce jeudi 13 août 2015, les ressources de notre planète passent dans le rouge. Nous vivons à découvert. Il aura donc fallu huit mois pour que l'on épuise la totalité des ressources naturelles que notre chère Terre peut produire sur une année.

En s'appuyant sur des chiffres fournis par l'ONU, l'ONG Global Footprint Network détermine chaque année et depuis deux décennies la consommation de l'humanité par rapport aux ressources que la planète lui offre. Des calculs qui prennent en compte l'empreinte écologique, soit une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature en exploitant ses ressources, et la biocapacité, autrement dit la capacité de la planète à produire continuellement ses ressources renouvelables et à absorber les déchets générés par leur consommation.

Lorsque l'empreinte écologique dépasse cette biocapacité, nous atteignons le "World Overshoot Day", soit le "jour de dépassement" en français. Soit ce jeudi 13 août pour cette année 2015.

Toujours plus tôt

Il faut remonter au début des années 70 pour tomber sur la première fois que l'humanité a épuisé plus tôt que prévu les ressources produites par la planète la même année. Sauf qu'à cette époque, "le jour de dépassement" avait eu lieu en... décembre.

En un peu plus de 40 ans, cette date a donc reculé de quatre mois pour tomber en août. Une régression constant qui nous alarme sur la société de consommation dans laquelle nous vivons. En 2005, le "World Overshoot Day" était atteint début septembre et en 2014 : le 19 août. Nous sommes donc en avance de six jours sur l'année précédente. Inquiétant, surtout quand l'on sait que cette date avance de trois jours en moyenne par an depuis 1970.

Pour se rendre compte de cette surconsommation et des ressources qu'il faudrait pour subvenir à nos besoins, ce graphique :

1,6 planète nécessaire pour répondre à nos besoins

De nos jours, il faudrait donc plus d'une moitié de planète en plus pour couvrir la consommation mondiale. Et si cette évolution continue, deux planètes seront nécessaires en 2030. Notre planète va mal, et elle peut remercier nos amis japonais par exemple, qui consomment l'équivalent de cinq Japon et demi sur une année. D'autres pays, nombreux, nous font aussi tirer la sonnette d'alarme (de l'irresponsabilité).

Et les causes de cet épuisement sont nombreux, à commencer par l'obsolescence programmée.

À lire -> L’obsolescence programmée devient un délit passible de prison

Car même l'utilisation et le renouvellement d'un téléphone portable contribue à l'affaiblissement de notre planète, comme le raconte Christoph Meili, spécialiste en écobilans au WWF Suisse :

Pour freiner le gaspillage des matières premières et ménager l'environnement, il faudrait utiliser les appareils tels que les téléphones portables le plus longtemps possible et lutter contre la mentalité qui veut que l'on jette rapidement un objet démodé.

Résultat de cette surconsommation : gaz à effet de serre, déforestation ou encore matières premières et réserves d'eau de plus en plus faibles. Il serait peut-être temps de revoir notre comportement et nos habitudes, avant qu'il ne soit trop tard.

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