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Les clubs et soirées techno passent à la TVA à 5,5%

Publié le

par Théo Chapuis

Avec leur baisse de la TVA de 20% à 5,5%, les clubs et soirées techno sont enfin reconnus comme acteurs culturels à part entière par les élus.

(<a href="http://www.jacobkhrist.com/" target="_blank">Jacob Khrist</a>)

L'Assemblée nationale a tranché : les clubs et soirées techno font bel et bien partie de l'offre culturelle. Lors des délibérations de la chambre basse, les élus ont voté l'amendement proposé par le PS Razzy Hammadi, portant sur la réduction de la TVA sur la billetterie de ces lieux. Le taux passe alors de 20% au taux réduit de 5,5%. Alors que ce changement est passé relativement inaperçu, c'est Télérama qui nous l'apprend plus d'une semaine après sa ratification.

Attention, n'importe quel événement electro ne pourra pas y prétendre. Comme le précise le journal, pour bénéficier de la TVA réduite, il faut être titulaire d’une licence d’entrepreneur du spectacle et être affilié au Centre national de la chanson, des variétés, et du jazz (CNV).

Le taux de TVA réduit à 5,5% a été inventé pour s'appliquer aux produits de première nécessité comme les produits alimentaires, les livres ou encore... le théâtre ou les concerts. Mais la loi est plus précise : dans son précédent texte, elle s'appliquait alors aux  seuls "théâtres (autres que les théâtres pornographiques) ; théâtres de chansonniers ; cirques ; concerts ;  spectacles de variétés, à l’exception de ceux qui sont donnés dans des établissements où il est d’usage de consommer pendant les séances". Il s'agirait de ce dernier point portant sur la consommation qui empêchait les acteurs de l'electro de bénéficier de la TVA à 5,5%.

Le milieu de l'electro se réjouit

Sollicité par Télérama, Aurélien Dubois, patron de l’agence Surpr!ze, organisatrice à Paris des soirées électro Weather et Concrete, se réjouit de cette décision de reconnaître ce genre d'événements comme faisant partie de l'offre culturelle : "Il semble en effet évident que lorsque 15 000 spectateurs se déplacent à une soirée techno, c’est d’abord pour applaudir un artiste talentueux comme Jeff Mills et non simplement pour boire une bière".

Pour Eric Labbé, responsable de la communication du Zig Zag, un club parisien, cette décision politique est une excellente nouvelle dans le contexte post-attentats que connaît la France, et surtout Paris, depuis un mois. Expliquant que le lieu pour lequel il travaille a perdu 30% de son taux de fréquentation, il ajoute : "il n’est pas du tout certain que les établissements de nuit bénéficient du fonds d’aide aux salles de spectacles de quatre millions débloqué par Fleur Pellerin". Donc "cette réduction de la TVA est d’autant plus bienvenue".

A lire -> “Rien ni personne n’empêchera Paris de danser”, le communiqué des clubs parisiens

Cette bulle d'air pour les producteurs de spectacles et les patrons de salles est donc tout à leur avantage. Reste à savoir si la réduction de TVA rimera bel et bien avec la réduction du tarif des billets... ce dont on doute un peu.

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