Facebook R Kelly

featuredImage

Pédophilie, temple sexuel et impunité : les terribles révélations du docu sur R. Kelly

Le documentaire Surviving R. Kelly pourrait acter la fin du chanteur de R’n’B, après des décennies d’impunité.

Si le comportement plus que douteux de R. Kelly à l’égard des femmes a déjà fait l’objet de nombreuses accusations par le passé, le documentaire Surviving R. Kelly accable le chanteur. Diffusés dans le courant de la semaine dernière sur la chaîne Lifetime, les six épisodes (d’une durée totale de six heures) apportent de nouveaux éléments sur le personnage R. Kelly et ses névroses. On fait le point.

  • Aaliyah

L’attirance de R. Kelly pour les (très) jeunes femmes est connue de tous. Un goût pour les adolescentes que le chanteur a toujours eu, sans jamais tenter d’y remédier, notamment dans les années 1990. Alors au top de sa carrière, l’artiste de 27 ans organisait un mariage apparemment illégal avec sa protégée, la chanteuse Aaliyah, étoile filante du R’n’B outre-Atlantique. Les deux artistes auraient eu des rapports sexuels, d’après une choriste de R. Kelly interrogée par l’équipe du documentaire. Rappelons tout de même que la chanteuse était alors âgée de… 15 ans.

À noter toutefois que la mère de la chanteuse (décédée dans un accident d’avion aux Bahamas en 2001) nie cette version des faits sur Twitter et accuse le témoin d’être "une menteuse".

  • Pédophilie

Il y a quelques années, une affaire au sujet d’une sextape du chanteur avec une fille de 14 ans éclatait au grand jour. Si les accusations étaient des plus sérieuses, le chanteur n’a jamais été condamné pour cette histoire. D’après plusieurs autres témoins contactés pour la réalisation du documentaire, R. Kelly s’adonnerait pourtant régulièrement à des rapports sexuels avec des mineures (notamment avec des filles âgées entre 14 et 16 ans), et n’aurait pas hésité pas à aborder des filles de 12 ans.

  • Rapports sexuels en public

Autre fantaisie dans la vie sexuelle très perturbée de R. Kelly : les rapports en public. Comme le révèle la première partie du documentaire, l’interprète de "I Believe I Can Fly" aime être vu en pleine action. Ainsi, il aurait demandé à l’une de ses maîtresses (mineure elle aussi) de procéder à un acte sexuel en voiture alors qu’il y avait ses potes sur la banquette arrière. Sympa. D’après un autre témoin, R. Kelly aurait également eu un rapport sexuel lors d’un enregistrement en studio, avec en prime les gens présents qui regardaient derrière la vitre. Ambiance.

  • "You Are Not Alone"

Artiste plébiscité durant les nineties, R. Kelly a écrit l’un des plus grands tubes de Michael Jackson, "You Are Not Alone". Or si la chanson a été un immense succès, la petite histoire de sa création est bien plus triste. D’après une ancienne maîtresse de R. Kelly, celui-ci aurait ainsi écrit la chanson "en pensant à elle". Robert Sylvester Kelly, de son vrai nom, l’aurait d’ailleurs mise enceinte alors qu'elle n’avait que 17 ans (elle a finalement subi une fausse couche). D’un coup, les paroles du morceau prennent un sens complètement différent – même si plusieurs niveaux de lecture demeurent possibles.

  • Le calvaire d’Andrea Lee

Andrea Lee a été mariée durant 13 ans au chanteur. Dans le documentaire, elle raconte avec beaucoup d’émotion et de détails les agissements de R. Kelly. Après avoir rencontré l’artiste alors qu’elle n’avait que 17 ans (une habitude pour lui, vous l’aurez compris), celui-ci lui a proposé de l’engager en tant que danseuse. Peu à peu, la star aurait profité de son emprise sur la jeune femme pour abuser d’elle sexuellement, la torturer et la séquestrer. Un supplice qui aurait duré plusieurs années et que le chanteur continuerait d’infliger à d’autres victimes.

  • Temple sexuel et séquestration

Car aujourd’hui encore, R. Kelly est libre et entretiendrait un véritable "temple sexuel" avec plusieurs jeunes femmes, dont certaines retenues contre leur gré. Si ces faits ont déjà été révélés par une enquête accablante de BuzzFeed US il y a près d’un an et demi, les précisions apportées par Surviving R. Kelly sont particulièrement glauques.

Les jeunes femmes seraient obligées de signer des clauses de confidentialité dès qu’elles pénètrent dans la demeure du chanteur. Les téléphones y seraient interdits et les filles doivent lui obéir au doigt et à l’œil ainsi que l’appeler "daddy". Les actes sexuels, décrits comme extrêmement violents et dégradants par plusieurs victimes, y seraient systématiquement filmés. Des abus rendus possibles grâce à la pression psychologique infligée par R. Kelly, qu’il continue d’exercer aujourd’hui sur plusieurs autres jeunes femmes.

  • Impunité totale

S’il profite évidemment de son statut pour amadouer des jeunes filles à qui il promet monts et merveilles dans l’industrie musicale, R. Kelly en use également pour éviter les conséquences de ses actes. Ainsi, il n’a jamais été condamné depuis les premières polémiques, qui remontent au début des années 1990. D’après certains médias américains, le chanteur a mis à contribution son réseau – notamment "des amis du service de police de Chicago" – pour éviter d’éventuelles sanctions.

  • Des révélations à effet boule de neige

Ces nouvelles révélations sont tellement fracassantes qu’elles dépassent le simple cercle de R. Kelly. Après la découverte que R. Kelly, aurait eu des relations sexuelles avec Aaliyah, d’autres poids lourds de la musique américaine sont pointés du doigt. C’est le cas notamment de Jay Z, le mentor de la chanteuse Foxy Brown, qui avait seulement un an de plus que sa consœur. Ou encore P. Diddy, qui était le mentor du jeune Usher (15 ans à l’époque). Alors que l’interprète de "Yeah!" vivait chez le rappeur new-yorkais, des orgies auraient régulièrement été organisées, et les deux rappeurs y auraient pris part. Par ce biais, et sans rentrer dans les détails, les deux hommes auraient eu des relations sexuelles ensemble. Des informations qui n’ont pas été confirmées pour l’instant.

Si ce documentaire fait énormément parler, le principal intéressé a toutefois tenu à démentir. Contacté par TMZ, R. Kelly se dit "dégoûté" par ce documentaire, qu’il considère comme une "vendetta contre lui". Il affirme également ne connaître que "la moitié des personnes interrogées", tandis que l’autre moitié le haïrait pour "diverses raisons personnelles et professionnelles". Toujours d’après lui, les personnes ayant voulu le défendre ont été écartées par la production. Le chanteur s’apprête donc à poursuivre "tous ceux qui ont un lien" avec le documentaire.

Par Guillaume Narduzzi, publié le 07/01/2019