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Comment The Bold Type libère la sexualité des jeunes femmes

Publié le

par Marion Olité

Comment The Bold Type libère la sexualité des jeunes femmes

Sutton, Jane et Kat, trois jeunes femmes audacieuses. (©️ Freeform)

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Quand les filles tentent de reproduire une position sexuelle recommandée dans le magazine <em>Scarlet</em>… (©️ Freeform)

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The Bold Type, c’est aussi le refus d’une représentation unique, celle de la sexualité blanche et hétéronormée (une autre époque que Sex and the City donc). Kat (Aisha Dee), la jeune femme la plus “couillue” de la bande, est afro-américaine et suit ses coups de cœur sans se construire de barrières quant au genre ou au sexe de la personne désirée. Célibataire, elle va tomber sous le charme d’une artiste musulmane, féministe et lesbienne (et fière de l’être comme elle l’explique dans sa bio Twitter !). Coucou l’intersectionnalité ! Représenter des personnages pouvant faire l’objet de plusieurs discriminations (racisme, sexisme, homophobie, islamophobie) est loin d’être courant à la télé américaine du basic cable (Freeform est une chaîne gratuite du câble américain). Tout comme proposer une protagoniste positive comme Kat, sur laquelle on ne peut pas vraiment coller d’étiquette sexuelle : est-elle hétéro curieuse, bisexuelle, lesbienne pas encore assumée, on ne sait pas… et on s’en fout !

Sexuellement, comme dans leurs différentes relations amoureuses, Kat, Sutton (Meghann Fahy) et Jane se trouvent dans une phase d’exploration. La série mêle ainsi amour et sexe au moment opportun – dans le cas de Sutton, amoureuse d’un supérieur hiérarchique par exemple – tout en montrant qu’il n’y a pas qu’une seule façon de vivre une histoire, mais bien des milliers. Ainsi, Jane va commencer à voir régulièrement Ryan (Dan Jeannotte), un chroniqueur sexe pour le pendant masculin de Scarlet avec lequel elle va apprendre à se lâcher au lit. Et tenter des expériences comme le tantrisme (si, si !). Réalisant que son crush n’a pas qu’une seule partenaire, elle commence alors à tester une nouvelle appli de rencontre, passant une soirée agréable et sexy avec un nouvel homme.
Après avoir essayé ce mode de vie, Jane se rend compte qu’elle ne peut pas assumer une histoire non exclusive et qu’elle souhaite construire une relation monogame où les sentiments et la complicité prévalent. Dans un élan de maturité (non, franchement, on applaudit des deux mains !), elle en informe son partenaire. Et explique à ses amies : “Je sais que je suis censée être cette millenniale moderne, multitâche dans tous les domaines, mais je ne peux pas le faire avec les mecs. Pourquoi c’est si terrible de vouloir sortir avec une seule personne ? Je veux de l’amour.” (Saison 1, épisode 7.)
Pour autant, la série insiste bien sur le fait que le choix de Jane est personnel : rien ne dit que Sutton et Kat suivront cette même voie. Les scénaristes évitent aussi l’écueil facile, qui consisterait à diaboliser Ryan parce qu’il préfère multiplier les partenaires sexuels pour le moment. Chacun cherche son bien-être sexuel dans The Bold Type, avec humour et sans jugement. Et ça fait du bien.