Des centaines d’images inédites et intimes d’Hitler viennent d’être numérisées

Des centaines d’images inédites et intimes d’Hitler viennent d’être numérisées

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© Heinrich Hoffman

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Par Konbini

Publié , modifié

Un travail d'orfèvre qui fait froid dans le dos.

L’archiviste Richard Schneider a passé quelque neuf mois à numériser plus de 1 270 images d’Adolf Hitler, prises par le même homme. Cet homme, c’est Heinrich Hoffman, celui qui, de 1920 jusqu’à la fin de la guerre, endosse le rôle de photographe attitré du dictateur allemand. Si ce dernier était loin d’être à l’aise au début, il a rapidement saisi l’importance d’avoir à ses côtés un créateur d’images personnelles, permettant d’élaborer sa propagande et de constamment renforcer la mythologie nazie.

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Ainsi, les photographies, numérisées par Richard Schneider, classées aux archives nationales américaines depuis 1962, représentent le dictateur dans des rassemblements, des réunions du gouvernement ou au sein de mises en scène intimes, tel qu’Hitler, assis au côté d’un de ses fidèles chiens. Les compositions de Heinrich Hoffman avaient pour but de créer « l’image d’Hitler comme le sauveur héroïque et bienveillant de l’Allemagne, aimé et admiré par des millions de personnes », décrit le Washington Post.

Un troublant jeu de puzzle

En plus d’un travail historique, la numérisation de ces photographies s’est révélée très technique. À l’époque, le photographe nazi travaillait avec des négatifs sur plaques de verre, un procédé complexe nécessitant plusieurs émulsions chimiques, un tirage en chambre noire et surtout, une grande rigueur, les plaques de verre étant, par définition, particulièrement fragiles. Presque un siècle plus tard, les plaques ont souvent été brisées, ce qui a valu à l’archiviste de longues heures de puzzle, à recoller les morceaux de ces bouts d’histoire.

Richard Schneider raconte que ces expériences manuelles avaient un goût amer : « [Recoller les morceaux] était assez effrayant, comme si je pouvais l’entendre me dire ‘Danke [Merci, ndlr] de me rendre entier de nouveau’. À chaque fois que je tombais sur une photo de lui regardant l’objectif, ça me donnait des frissons. »

La numérisation de ces photographies permet de plonger en images dans une des périodes les plus sombres de l’histoire, mais aussi d’interroger le pouvoir des images, notamment lorsqu’il s’agit de photos du pouvoir.