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Les jeunes artistes font vibrer Paris+, la nouvelle foire d’art contemporain

Publié le

par Konbini avec AFP

Des pastèques qui parlent de traditions, des animaux qui se moquent des humains…

Les jeunes artistes font vibrer Paris+, la nouvelle foire d’art contemporain

© Josh Liu/Unsplash

Les œuvres de jeunes artistes se font remarquer à Paris+, la nouvelle foire d’art contemporain internationale de la capitale française, organisée par les équipes d’Art Basel, leader mondial du secteur. “C’est une reconnaissance incroyable d’être en plein milieu de la foire”, où tout le monde passe, s’enthousiasme Hannah Sophie Dunkelberg, une artiste allemande de 34 ans.

La Berlinoise expose une série de sculptures et de peintures de chevaux miniatures, allongés et les yeux fermés. “Dans les villes à travers le monde, des chevaux sculptés se dressent sur leurs deux pattes arrière pour symboliser le pouvoir et la majesté. Je voulais déconstruire cette image absurde”, explique l’artiste au Grand Palais Éphémère, qui accueille l’événement jusqu’au 23 octobre prochain.

Comme elle, seize artistes âgé·e·s de 20 à 40 ans, soit deux fois plus que l’année dernière, ont été invité·e·s à Paris+ Art Basel, la manifestation qui a succédé à la Fiac. Poésie ou satire, critique de la société avec des animaux ou mise en valeur des traditions, ces artistes rivalisent d’ingéniosité pour étonner, attendrir ou choquer le public qui défile à travers les 150 galeries.

“Paris redevient une place centrale de l’art contemporain et moderne en Europe”, souligne Patrick Goddard, un artiste britannique de 38 ans. Son œuvre, des maquettes d’escargots qui envahissent des lieux de vie commune comme une gare ou une maison, est une dénonciation de la situation vécue par les migrant·e·s. Elle a été achetée par “une grande famille” états-unienne dès l’ouverture à la presse, mercredi.

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Objets de récupération

Royaume-Uni, Madagascar, Géorgie… Les jeunes artistes et les galeries émergentes viennent des quatre coins du monde pour exposer à côté de grands noms comme Anish Kapoor ou Kehinde Wiley. “Quel plaisir de découvrir de nouveaux talents. Ça change de point de vue et, en plus, c’est magnifique !” s’exclame une collectionneuse suédoise devant une peinture de l’artiste malgache Jessy Razafimandimby, âgé de 27 ans.

La toile bleue est un autoportrait de l’artiste, dont on devine la tête en pointillé, et son chien à ses côtés. Elle a été peinte sur un drap de récupération. “À Madagascar, Jessy considérait les objets vendus sur des brocantes comme des trésors”, explique Sans titre, la galerie émergente qui l’expose. Quand l’artiste arrive en Suisse, il découvre une autre réalité : les objets de récupération sont considérés comme bons à jeter. Meubles, draps, étagères… L’artiste décide alors de redonner vie à ces biens usés.

Juste à côté, il est aussi question d’origines, cette fois-ci géorgiennes. Thea Gvetadze, une artiste originaire de Tbilissi qui a fui son pays pour s’installer en Allemagne dans les années 1990, raconte ses traditions. Comme avec cette peinture d’une pastèque humanisée, assise et la bouche grande ouverte, un micro à la main. Selon la galerie qui l’expose, “le peuple géorgien comprend tout de suite qu’il s’agit d’un vendeur sur un marché de fruits et légumes. La cuisine est omniprésente dans la culture du pays”.