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WAX, un projet artistique qui questionne violemment la place des femmes dans la société

Publié le

par Thomas Andrei

WAX, un projet artistique qui questionne violemment la place des femmes dans la société

J’ai pensé qu’il faudrait discuter de la façon dont les femmes apparaissent dans les publicités (c’est un commentaire direct sur la nature même des panneaux publicitaires), et j’ai voulu m’utiliser afin de créer cette discussion.
Le fait que ces images soient projetées en grand format partout à l’extérieur dans le paysage urbain interpelle le public et notre perception de l’art “du-public-au-privé.” De plus, ceci questionne les notions d’art présentées contre la publicité dans une manière intéressante.

Tout comme de la véritable publicité, ceci n’est que la mise-en-bouche d’un projet plus grand. Le jour suivant la séance photo pour les panneaux publicitaires, Vasilisa a filmé une vidéo plutôt perturbante la montrant vautrée sur un sol de couleur vive et bougeant de la manière la plus lascive qui soit.

À première vue, la vidéo semble être une sorte de porno suggestif artistique ; mais les sous-titres apparaissant dans le film font vite déchanter. Un homme semble s’adresser à elle déclarant : “Bien, ne tiens pas ma main ou je te cogne“, “ma meuf a une grande bouche, j’aimerais la lui fermer“, mais aussi “qu’est-ce qui ne va pas chez toi, petite idiote“, ou le charmant “le désir de prendre mon poing et de violer chaque orifice.
Oui, c’est plutôt violent. Vous pensez que l’auteur a écrit ces phrases elle-même ? Qu’elle les a trouvées dans un livre sur la violence conjugale ? Perdu. Toutes ces citations viennent de véritables chansons que vous pouvez entendre à la radio. Vasilisa nous explique :

 J’ai cherché parmi les chansons populaires d’artistes comme Taylor Swift, Madonna, Led Zeppelin, Panic at the Disco, et Black Flag. Les artistes sont masculins et féminins, et tous dégradent les femmes et la sexualité dans leurs chansons.
Les paroles choisies l’ont été pour leur avilissement et leur misogynie. J’étais inquiète par le fait qu’elles soient utilisées dans des chansons tant médiatisées et qu’elles proviennent d’artistes comme Swift. Elle est suivie par beaucoup de jeunes adolescentes et filles qui grandissent avec des impressions faussées à propos de comment elles peuvent ou doivent agir.
On suppose que ces phrases sont utilisées exclusivement dans la pornographie ou par des hommes glauques. Mais c’est faux. Elles sont institutionnalisées et utilisées dans la culture de masse. Comment est-ce que les femmes peuvent ne pas avoir une vision faussée d’elles-mêmes avec ça ?

La sexualité en Angleterre souffre d’une gueule de bois qui date de l’âge du sexe victorien, où toute sexualité était grandement déformée, et les femmes étaient désirées seulement si elles étaient jeunes, pures, minces, légères, malléables, et soumises.
Je voulais en même temps prendre le pouvoir et donner la possibilité aux autres femmes de faire de même. Je désirais aussi nous autoriser à avoir une autre sorte de sexualité, une qui ne soit pas éclipsée par des idées quasi-féministes, des options trop étroites, ou l’idée que les femmes sexy ne le sont que pour l’œil masculin. 

L’histoire vient directement de moi. Elle vient de plein de choses dont j’ai fait l’expérience et que j’ai ressenties sur le cours de plusieurs années. Le projet est vraiment sincère à ma sensibilité en tant que jeune femme moderne. C’est un sentiment ardent escaladant à l’intérieur de moi-même pendant plusieurs années. La vidéo et son message viennent de toutes les histoires qui me sont arrivées et qui m’ont laissée bouleversée et frustrée à cause de la façon dont certains hommes pensent, la façon dont ils pensent qu’ils peuvent traiter les femmes. 
Dans un sens, c’est un peu comme la vidéo de la fille marchant dans les rues de New York et qui est devenue virale. L’harcèlement de rue est agaçant bien que très répandu. Je me demande si c’est juste fait de manière détachée ou si c’est potentiellement menaçant. À Londres, on peut voir des hommes qui sont vraiment violents avec les femmes. C’est ancré plus profond que dans la culture seule. 

Nous pouvons apprendre la liberté sexuelle, le respect, la morale et l’appréciation d’autres personnes en tant qu’individus. Tout est une question de confiance. Beaucoup d’hommes blessent des femmes car ils se sentent menacés et confus.
Nous avons besoin d’enseigner aux gens qu’ils doivent se respecter les uns les autres et que les femmes doivent prendre le pouvoir, et doivent aussi détenir des positions de pouvoir. Ensuite, nous pourrons cesser de les voir comme des citoyens de seconde zone bonnes à seulement élever des enfants et à être contrôlées par les hommes.
Nous avons besoin de laisser les femmes être puissantes dans leur propre manière et tout se fera naturellement à partir de là. Si les femmes se soutiennent les unes les autres, elles pourront surmonter la domination qui a été endoctrinée.

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