Travailleurs détachés : la tension monte entre Macron et la Pologne

Travailleurs détachés : la tension monte entre Macron et la Pologne

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Par Cyrielle Bedu

Publié

Le chef de l’État a critiqué le refus de Varsovie de durcir la directive européenne sur les travailleurs détachés.

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Depuis quelques jours, Emmanuel Macron effectue une mini-tournée en Europe de l’Est, afin de parler de la directive autour du travail détaché : après s’être déplacé en Autriche mercredi 23 août et en Roumanie le lendemain, le président français a posé ses valises pour quelques heures en Bulgarie, vendredi 25 août. Et à son arrivée à Sofia, Emmanuel Macron a été pour le moins critique envers une mesure récemment prise par les autorités d’un autre pays : la Pologne.

Jeudi 24 août, Beata Szydlo, la Première ministre polonaise, a en effet refusé de reformer le statut des travailleurs détachés. Selon la directive européenne du 16 décembre 1996, un travailleur est considéré comme « détaché » s’il effectue à titre temporaire, à la demande de son employeur, « un travail sur le territoire d’un État membre autre que l’État dans lequel il accomplit habituellement son travail ». Cela n’a rien d’illégal, mais malgré la réglementation européenne sur le sujet, les abus se multiplient (« travail dissimulé, emploi de travailleurs sans papiers, non-respect des normes d’hygiène et de sécurité », explique Le Figaro). Or la Pologne est régulièrement accusée de profiter de ce système : chaque année, environ 500 000 travailleurs polonais sont ainsi employés dans d’autres pays de l’Union européenne (UE).

« Le problème de la directive des travailleurs détachés, c’est que, aujourd’hui, parce qu’elle propose un cadre trop faible, elle conduit des entreprises françaises à embaucher en France des ressortissants du reste de l’Union européenne et en particulier des pays à bas coûts », a mis en avant Emmanuel Macron lors de son déplacement en Autriche, le 23 août.

« Nous ne changerons pas de position, avait répliqué le 24 août la Première ministre polonaise. Nous la défendrons jusqu’au bout parce que c’est une position favorable aux intérêts des travailleurs polonais. »

Crise diplomatique

Selon Emmanuel Macron, en refusant de réformer la directive des travailleurs détachés, la Pologne a « décidé de s’isoler ». Le pays fait ainsi « une nouvelle erreur » selon le président français, et se met « en marge de l’Histoire, du présent et du futur de l’Europe » en « décid[ant] d’aller à l’encontre des intérêts européens sur de nombreux sujets ».

« La Pologne n’est en rien ce qui définit le cap de l’Europe ni de l’Europe d’aujourd’hui, ni celle de demain, a lancé le chef de l’État. Le peuple polonais mérite mieux que cela. »

La Première ministre polonaise n’a pas cependant pas tardé à répondre de façon cinglante aux propos d’Emmanuel Macron : « Peut-être ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d’expérience et de pratique politiques, ce que j’observe avec compréhension, mais j’attends qu’il rattrape rapidement ces lacunes et qu’il soit à l’avenir plus réservé », a-t-elle répondu.

« Je conseille à M. le président qu’il s’occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut-être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne », poursuit Beata Szydlo.

La Première ministre polonaise a également tenu à souligner que « la Pologne [était] est un membre de l’Union européenne (UE) au même titre que la France », avant d’appeler Emmanuel Macron à « rester plus conciliant et à ne pas briser l’UE ».

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