« C’est peut-être un peu con de dire ça, mais ce qui m’inspire c’est la vie en général. L’amour, l’amitié, la musique, tout ce qui nous fait ressentir quelque chose. Je suis assez focus sur les émotions en général, j’adore l’amour pour la passion et le bonheur qu’elle entraîne, et à l’inverse à quel point on peut être anéantie par celui-ci.
Les physiques particuliers et les personnalités très fortes m’inspirent vraiment, j’essaie de montrer une autre facette de la beauté. J’aime la complexité des personnes, leurs angoisses, leurs peurs, je suis assez fascinée par l’autre en général. J’aime vraiment rencontrer des gens, je trouve ça inspirant de se confronter à l’inconnu. »
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« J’aime la complexité des personnes »
S’inspirant de son quotidien, elle a d’ailleurs beaucoup photographié son entourage. Une manière pour elle d’apprendre l’art du portrait, tout en tissant des liens forts avec ses modèles :
« J’ai commencé vers 14 ans, mes parents m’avaient offert un appareil photo. Je ne sais même plus pourquoi d’ailleurs, parce que je détestais faire les photos de famille. Ce que je n’ai jamais aimé, c’est qu’on m’impose un sujet. Ça me faisait paniquer, alors j’ai commencé à prendre mes amis en photo. C’était facile parce qu’on se connaissait bien, il y avait une plus grande liberté et une confiance qui me permettait de faire ce que je voulais.
J’ai aussi photographié quelques personnes quand j’étais au lycée, des connaissances ou des rencontres de hasard. À chaque fois qu’on bossait ensemble, la confiance grandissait et je trouvais ça beau de voir que parfois, grâce à la photo, on peut améliorer son estime de soi et changer son regard sur plein de choses nous concernant. »
Des figures féminines fortes
Loin de tout cadre spatio-temporel, chacun de ses clichés semble suspendu dans le temps ou dater d’une autre époque impossible à définir. Ayant fait des études artistiques, son travail est enrichi par de nombreuses références qui l’inspirent au quotidien.
« Quand j’étais jeune, j’étais fan de figures féminines fortes, comme Sagan ou Colette pour mes lectures. J’ai un peu eu l’impression de m’émanciper d’une certaine façon en les lisant. Nan Goldin aussi, pour tous les moments forts qu’elle a pu capturer et les couleurs incroyables qui se dégagent de ses photos. Il y a aussi Maya Fuhr, Harley Weir et Peter Lindbergh, qui ont une vision de la beauté qui me correspond. »
À moins de 25 ans, la jeune femme a déjà réussi à surpasser l’une des plus grandes difficultés d’une carrière de photographe : posséder un univers singulier et identifiable. Construisant progressivement son portfolio, Soraya Daubron a encore de nombreuses choses à dire et à photographier.
« En ce moment, j’aimerais travailler sur des portraits photos et vidéos, filmer pendant quelques minutes des personnes qui attisent ma curiosité et que j’ai envie de mettre en avant, ou simplement de les montrer parce qu’ils m’en ont donné envie. Ce sera sûrement un projet où l’on trouvera en majorité des femmes.
Je fais aussi un petit peu de musique et on travaille avec des amis sur une association qu’on a fondée. Je n’ai jamais vraiment planifié de projet à l’avance, je réfléchis très peu à ce que je fais, car sinon ça me bloque. Je suis beaucoup plus à l’aise sur le moment, c’est une question d’état d’esprit. »












