Pour son investiture, Trump voulait un défilé avec des tanks et des lance-missiles

Pour son investiture, Trump voulait un défilé avec des tanks et des lance-missiles

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Par Théo Mercadier

Publié le

Des mails révèlent que le président américain souhaitait la présence de véhicules militaires tactiques durant sa cérémonie d’investiture, ce qui va à l’encontre du protocole.

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Vous l’entendez, le bruit des bottes ? Alors que le début de la présidence Trump est marqué par les actions restrictives à l’encontre de certains journalistes, les tentatives de fermer les frontières aux musulmans et les multiples manipulations de la réalité, sa cérémonie d’investiture a bien failli prendre des allures très nord-coréennes. Le Huffington Post révèle en effet qu’au mois de décembre, l’équipe du président élu a échangé de nombreux mails avec le Pentagone afin de faire venir des blindés lourds pour défiler pendant la parade inaugurale, le 20 janvier 2017. Des tanks le jour de son investiture : le trumpisme à son apogée.

Les documents révélés par le Huff Post montrent l’étonnante énergie avec laquelle les proches du président ont tenté de convaincre l’armée américaine de leur prêter leurs mortels joujous. Ils demandent notamment des “photos de véhicules militaires [qu’ils pourraient] ajouter à la parade”, des clichés que l’armée américaine se refuse catégoriquement à leur envoyer, craignant de ne faire passer ça pour un éventuel accord. Après de multiples procédures en sous-main, soldées par autant d’échecs, l’équipe de Donald Trump se fait finalement une raison : pour le Pentagone, il est absolument hors de question de fournir ce genre de matériel. Ils autorisent tout juste une vingtaine d’avions de chasse à survoler le Capitole, quatre pour chaque corps de l’armée.

Relents dictatoriaux

Pourquoi ce refus systématique ? Si le Pentagone est toujours investi dans les parades inaugurales, c’est surtout pour équiper des fanfares ou des régiments habillés de costumes militaires historiques. Bref, rien qui ressemble de près ou de loin à des chars d’assaut. Une source interne à la préparation de la parade parle également de la crainte générale que l’événement ne ressemble in fine à un défilé militaire à la sauce russe ou nord-coréenne, pays connus pour leurs impressionnantes démonstrations de force à répétition. Des relents dictatoriaux qui n’ont apparemment pas voix au chapitre aux États-Unis.

Bien que les multiples mails, demandes et formulaires ne portent pas explicitement la signature de Donald Trump, difficile de douter qu’il soit à l’origine de ces requêtes. “Nous allons montrer au peuple comment nous bâtissons notre armée, nous allons montrer notre force militaire. Il se peut que l’armée descende Pennsylvania Avenue. Elle pourrait même voler au-dessus de New York et Washington pour des parades”, expliquait-t-il ainsi au Washington Post au mois de janvier. Une Pennsylvania Avenue que Barack Obama s’était contenté, en 2009, de descendre entouré de motos et de militaires portant des costumes d’époque.