Le Sénat américain rejette à nouveau l’abrogation partielle de l’Obamacare

Le Sénat américain rejette à nouveau l’abrogation partielle de l’Obamacare

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Par Théo Mercadier

Publié le

Vendredi 28 juillet, le Sénat américain a rejeté, à 51 voix contre 49, un texte qui aurait abrogé le grand programme de santé du président Obama. Il s’agit d’un coup dur pour Donald Trump et l’ensemble du camp républicain.

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À peine plus d’une semaine après que le Sénat a refusé d’abroger l’Obamacare pour le remplacer par un ersatz bancal, les sénateurs américains ont réitéré leur rejet de la grande promesse de campagne de Donald Trump. À 51 voix contre 49, ils ont décidé dans la nuit de ne pas revenir sur certains éléments clefs de ce vaste système de santé qui permet à des millions d’Américains d’avoir accès à des soins.

Pour l’agence Reuters, ce vote contre, auquel ont pris part trois élus républicains, pourrait bien marquer la “fin d’une quête vieille de sept ans pour éviscérer la loi santé”. D’autant que certaines grandes figures du parti s’en éloignent : John McCain, ancien candidat à l’élection présidentielle et récemment opéré d’une tumeur au cerveau, fait partie des dissidents.

Ce projet d’abrogation partielle était pourtant présenté comme étant nettement moins radical que les dernières versions de la réforme. Pour certains leaders républicains au Sénat, cette version devait juste servir à poursuivre la fameuse “quête de sept ans”, et à aller dans le sens du président Donald Trump – quitte à continuer le travail législatif dans les années à venir. Présentée par les républicains comme une “skinny bill” (une “maigre loi”, pourrait-on traduire), elle prévoyait notamment d’abolir les amendes visant ceux qui n’auraient pas souscrit à une mutuelle, l’une des mesures les plus décriées du programme qui a permis à 20 millions d’Américains d’être assurés.

Le texte de loi prévoyait également de suspendre pour un an le financement du Planning familial américain par le Medicaid (un autre grand programme de santé, qui vient en aide aux plus démunis). Cela n’a pas manqué de faire réagir Dawn Laguens, vice-présidente de cette organisation qui craint beaucoup pour ses finances depuis l’arrivée de Trump au pouvoir. “Cette soi-disant ‘petite’ loi aurait eu un impact dévastateur sur la couverture santé de ce pays. En plus d’empêcher les gens de venir au Planning familial, elle aurait augmenté les cotisations globales de 20 % et sorti 16 millions de personnes du système santé”, a-t-elle déclaré.

Pas si “skinny”

Le texte n’était donc pas si “skinny” que ça, comme en témoigne la colère de Donald Trump. Sur Twitter, pour changer, le président des États-Unis s’en est pris directement aux sénateurs rétifs : “3 républicains et 48 démocrates ont laissé tomber le peuple américain. Comme je le dis depuis le début, laissons l’Obamacare imploser, et gérons ensuite. Regardez !”

Il faut dire que ce vote contre est une nouvelle défaite cinglante pour un président qui, tout au long de la campagne, a fait de l’abrogation de l’Obamacare son cheval de bataille. Comme le souligne Reuters, en six mois de mandat, Donald Trump n’a pas encore connu de victoire législative majeure. Faut-il s’en étonner ? Toujours selon l’agence de presse, le président des États-Unis n’a aucune ligne claire sur la question de la réforme de santé. Il suffit de regarder ses déclarations à l’emporte-pièce sur la question : personne n’est plus contre l’Obamacare que moi” ; “c’est l’un des plus grands désastres politiques de notre temps.” On sait contre quoi il vitupère, mais pas ce qu’il propose.

De quoi dérouter une majorité républicaine qui ne sait plus trop où donner de la tête. Jusqu’où faut-il aller ? Faut-il remplacer l’Obamacare ou pas ? Si oui, par quoi ? Des questions auxquelles Donald Trump répond aujourd’hui par un “laissons tout imploser, on gérera ensuite” qui n’est pas des plus rassurants : le Bureau du budget du Congrès américain estime que la fin de l’Obamacare laisserait 32 millions d’Américains sans couverture santé en 2026.