La lanceuse d’alerte Reality Winner condamnée à 5 ans de prison

La lanceuse d’alerte Reality Winner condamnée à 5 ans de prison

Image :

© Facebook – https://www.facebook.com/transformnetwork/photos/basw.AboBPKT-HezDKIE4qzGJKLm5VLZmQY92sVPgJsySDLyMjb3bkqwH3fg0EWHPZDdLYE_Lal3XzjI7PQcpB6cU5OQWGHw3gim2PNAYoEwxjDJPHNrkOvt2SqNklL4AeMJOqjerdt0dNhlvhQV4g_e24050.10155574899184212.459693864439970.10155512908211363.1819143834828658.10215563954827887.298717964260548.10212698242194365.1105715742927519.10157990970564129/10155512908211363/?type=1&theater

photo de profil

Par Astrid Van Laer

Publié

Selon la Fondation pour la liberté de la presse, il s’agit de la « peine la plus longue jamais prononcée à l’encontre de la source d’un média dans un tribunal fédéral ».

À voir aussi sur Konbini

En juin 2017, le journal d’investigation américain The Intercept publiait le contenu d’un rapport classé top secret de la National Security Agency (NSA), qui portait sur les soupçons d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Sa source ? Reality Winner, une jeune femme d’alors 25 ans travaillant pour un sous-traitant de la NSA.

Ce jeudi 23 août, le tribunal d’Augusta, en Géorgie, l’a condamnée à effectuer une peine de cinq ans et trois mois de prison ferme pour « espionnage » en vertu de l’Espionage Act, promulgué le 15 juin 1917. La jeune lanceuse d’alerte avait plaidé coupable pour ces faits en juin dernier.

En 2013, sous la présidence de Barack Obama, cette loi très controversée avait mené à la condamnation de l’ancienne militaire Chelsea Manning. Cette dernière avait écopé d’une peine de 35 ans de prison, qui fut commuée par la suite, pour avoir transmis des documents confidentiels de l’armée américaine à WikiLeaks.

D’après la Fondation pour la liberté de la presse, le cas de Reality Winner, qui a été accusée « d’avoir agi par mépris des États-Unis », constitue la « peine la plus longue jamais prononcée contre la source d’un média dans un tribunal fédéral ». Pour le directeur de la Fondation, Trevor Timm, le verdict est d’autant plus injuste que Reality Winner a servi l’intérêt public de son pays :

« C’est une parodie de justice que le département de la Justice continue à poursuivre les sources des journalistes en se basant sur l’Espionage Act, une loi qui a été mise en place pour l’espionnage et qui ne vaut pas dans la défense de l’intérêt public. »