AccueilArchive

Interview : le scénario du Grand Siècle d’Orgasmic et Fuzati

Publié le

par Tomas Statius

Interview : le scénario du Grand Siècle d’Orgasmic et Fuzati

Acte 1 : la toile de fond

Fuzati : “Chez moi il y a quelque chose de romantique”

Acte 2 : la rencontre fortuite

L’interview est quand même suscitée, outre la qualité de l’album, par votre réunion. Comment ça s’est passé ? 
Orgasmic : On s’est revu par hasard, et assez spontanément on s’est mis à écouter des disques puis à travailler ensemble. Au début ça ne devait être qu’un EP et ça s’est transformé en album. C’est vraiment le fait de se voir, de se re-rencontrer, d’écouter de la musique qui a motivé tout ça.  On a fait un track, puis deux, et ainsi de suite.
Fuzati : Au début je me suis mis tout simplement à écrire et à chercher dans mon cahier de punchlines. J’ai ensuite essayé de m’adapter aux beats qu’il m’envoyait. Je crois qu’un des premiers que j’ai reçu c’était “Planetarium” dont j’ai trouvé le refrain assez vite. 
O : “Monogramme” aussi…
F : Ainsi que “Sinok”…
[iframe width=”807″ height=”454″ src=”//www.youtube.com/embed/vdhBQQKiYlg” frameborder=”0″ allowfullscreen ]
O : En fait le processus c’était plus ça : composer, puis lui envoyer des beats.
F : Et en décembre on a décidé que l’album sortirait au printemps.
D’où l’annonce tardive… Vous avez enregistré ensemble ? 
F: Non je l’ai enregistré seul, dans le salon d’un pote en janvier dernier. En deux sessions et sur deux jours : six morceaux puis six morceaux.

À voir aussi sur Konbini

Acte 3 : écriture spontanée et contraintes musicales

Au niveau de l’instrumentation, je trouve que l’album détonne : il est moins enfermant qu’un disque du Klub des Loosers. C’est une orientation voulue ? 
O : Un des partis pris du disque c’était de ne pas utiliser de samples, ce qui donne une texture différente à l’album. On voulait vraiment que tout soit joué.
F : Et puis je lui ai demandé des mélodies, de belles mélodies. Je ne voulais pas du tout qu’il y ait des trucs un peu trap, des coups de charley comme ça…
O : C’était d’ailleurs assez intéressant pour moi d’avoir des contraintes artistiques, de ne pas trop faire de roulement de 808 par exemple. Le résultat est une couleur différente de si j’avais été seul.
Comme si vos deux styles étaient mélangés… 
F : Exactement. J’ai essayé de m’adapter au maximum, d’être le plus ouvert possible. Et même les chansons que j’ai composées, je les ai aussi crées par rapport à ce qu’il avait fait pour que l’album soit homogène.
Après il faut dire que l’on se connait depuis longtemps ce qui permet d’essayer des choses plus librement. Par exemple l’instru’ bossa nova de “Corbillards”, il ne l’aurait pas fait pour quelqu’un d’autre et en même temps, tu peux croire à l’écoute que c’est moi qui l’ait produite. C’est une confusion intéressante je trouve.

Orgasmic : “Le pessimisme mène au réalisme”

O : La seule manière de nous différencier c’est au grain en fait. J’utilise des synthés neufs et lui des machines d’époque, des MOOG, des boites à rythmes.
Ce qui donne un album plus péchu que ce que tu proposes d’habitude avec le Klub des Loosers…

F : Ouais c’est ça. C’est un album de rap en fait. Je me suis vachement moins pris la tête au niveau thématique que pour un album du Klub où toutes les pièces se répondent comme dans un puzzle. On voulait aussi que ça sonne “2014”, pas s’enfermer dans la litanie du “c’était mieux avant“, mais pas non plus faire comme les autres. Que ce soit actuel mais pas référencé.
Je travaille actuellement sur d’autres projets et cet album, c’était un peu ma récréation. Je l’ai traité comme un grand freestyle si tu veux, avec des phrases chocs, des punchlines. C’était un exercice assez différent des derniers disques : par exemple je me suis forcé à faire des refrains, chose que je n’avais jamais faite avant. Y’a des groupes qui continuent à faire inlassablement les mêmes choses. Moi je ne fonctionne pas comme ça.

Acte 4 : l’évolution des personnages

Acte 5 : la scène, cette conclusion

Vous avez prévu de le jouer en live ce disque ? 
F : Y’a déjà eu un live du Klub des Loosers à Charleroi où il était aux platines…
O : C’était le soir où la Belgique se qualifiait pour la Coupe du Monde et pourtant la salle était bondée…
[iframe width=”807″ height=”454″ src=”//www.youtube.com/embed/oYwIoHtE3Kk” frameborder=”0″ allowfullscreen ]
F : On va tourner mais assez peu parce que je ne veux pas faire des morceaux de “Klub des Loosers”. Ce serait bizarre au niveau de la texture je pense. On va faire des festivals, des shows courts… En parallèle, ça fait un an que je travaille avec un live band qui adapte tous les morceaux de Klub des Loosers…
Travailler avec un live band, ça change quoi ? 
F : C’est une évolution logique de toute façon puisque dans le prochain album tout sera joué en “acoustique”. Ça fait dix ans que je fais des lives et je trouve que l’éternel combo MC / DJ ça a ses limites. Quand tu te retrouves à Dour à devoir tenir 5000 personnes pendant une heure, tout seul, c’est cool, c’est un challenge. Maintenant je l’ai fait, il faut passer à autre chose.
Après je retrouverais ce plaisir de jouer simplement, juste avec un DJ. De toute façon tu sais, la musique c’est que des cycles. Tu vois même Rick Ross qui se met à réutiliser des samples.