« Vous êtes une part de nous-mêmes » : l’émouvant discours du président grec aux enfants réfugiés

« Vous êtes une part de nous-mêmes » : l’émouvant discours du président grec aux enfants réfugiés

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Par Théo Mercadier

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Malgré la fonction symbolique du président grec, la portée de son discours est immense. Un beau message d’espoir.

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Alors que son pays s’apprêtait à négocier dans la douleur un énième plan d’aide financière avec l’Eurogroupe (les ministres des Finances de la Zone euro), le président grec a tenu ce dimanche un discours à contre-courant de la politique migratoire très fermée menée par l’Europe. Aux enfants afghans, irakiens et syriens qui l’écoutaient, Prokópis Pavlópoulos, a délivré le message d’accueil qu’on désespère d’entendre un jour dans les bouches de nos chefs d’État. Voici ses mots, rapportés par Libération :

« Vous êtes une part de nous-mêmes, et vous resterez ici chez nous, jusqu’à ce que s’achève le cauchemar de la guerre [dans laquelle] les Occidentaux portent aussi leur part de responsabilité. »

Dans l’école athénienne qu’il visitait, il a également appelé les dirigeants européens à renouer avec « l’humanisme, la paix, la démocratie et la justice » qui ont un temps fait le rayonnement « de l’Europe et de l’Occident ». Un discours humaniste et réconfortant à des années-lumière des relents xénophobes qui n’en finissent pas de pourrir le débat public en France et ailleurs.

Et pourtant, la Grèce est en première ligne dans l’accueil des réfugiés. En 2015, au plus fort du pic de migrations, ses centres d’accueil au bord de l’explosion devenaient autant de sources de tensions à travers tout le pays. Le camp d’Idomeni, au nord de la Grèce, se transformait en goulet d’étranglement honteux par lequel des milliers de sinistrés tentaient d’entrer en Europe via la frontière macédonienne, murée. Bloqués par la fermeture de la « route des Balkans », le froid, l’attente, la boue et la maladie étaient devenus leur triste quotidien. Une crise alarmante pour laquelle l’Union européenne n’a débloqué que des fonds d’aide anecdotiques, laissant la Grèce seule face à la misère du monde.

Les Espagnols rappellent leur gouvernement à l’ordre

Depuis le 1er janvier 2017, près de 2 000 migrants sont venus s’échouer sur les côtes grecques, portant à environ 60 000 le nombre de réfugiés présents sur le sol du pays (d’après le HCR). Un chiffre qui ne cesse d’augmenter et qui pourrait vite devenir insoutenable pour une Grèce rendue exsangue par sept ans de cures d’austérité économique drastiques.

Et pourtant, le président grec rassure ces enfants perdus. Et pourtant, Prokópis Pavlópoulos rappelle que l’humain doit passer avant toutes considérations matérielles ou politiques.

Cette volonté d’accueil n’est pas l’apanage de la seule Grèce, et de nombreuses initiatives politiques et populaires fleurissent dans les pays du Sud de l’Europe. Ce week-end à Barcelone, 160 000 personnes se réunissaient dans les rues de la capitale catalane pour scander ensemble le slogan « plus d’excuses, accueillons maintenant ». Une manière de rappeler au gouvernement espagnol ses obligations en matière d’accueil des réfugiés : le royaume n’a ouvert ses portes qu’à 1 100 personnes, sur les 16 000 qu’il s’était engagé à accueillir en 2015.

C’est également d’Espagne qu’est venu l’appel à la création d’un réseau de « villes solidaires » pour offrir un toit aux populations qui fuient la guerre. Signé par la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce texte poignant montre qu’une autre vision de l’étranger est possible, loin des discours xénophobes qui, d’élection en élection, font monter l’extrême droite sur tout le continent.