« Les filles sont bien plus responsables des viols que les garçons »
Pour ce documentaire, Leslee Udwin a donc passé 30 heures à interviewer des violeurs, la plupart enfermés dans l’immense prison de Tihar à New Delhi. Parmi toutes les interviews qu’elle a réalisées, une l’a particulièrement choquée, celle de Mukesh Singh, l’un des quatre condamnés à mort pour le viol de Jyoti Singh. En plus de ne montrer aucune once de remords, celui-ci n’a pas hésité à tenir des propos aberrants, remettant la faute sur la défunte victime.
« Une fille respectable ne doit pas traîner dans les rues à 21 heures. Les filles sont bien plus responsables des viols que les garçons » lance le meurtrier sans vergogne, comme le rapporte l’AFP. Avant d’affirmer que selon lui seulement 20% des Indiennes sont des « filles bien« . Il justifie alors son acte en expliquant que « les gens avaient le droit de lui donner une leçon » et en préconisant sérieusement aux femmes qui se font violer de ne pas se débattre. Comprendre : dans le cas de sa victime, si elle s’était « laissée faire », elle serait encore en vie.
Ces propos sont bien sûr extrêmement choquants et même s’il s’agit de ceux d’un des meurtriers, il y a derrière ces paroles un véritable « problème de société » selon Leslee Udwin. Elle considère en effet que ces attaques contre les femmes « commencent par le fait que dès la naissance, une fille est moins bien accueillie qu’un garçon« .
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Le documentaire interdit en Inde
Alors que le documentaire devait être diffusé dans sept pays, dont la Suisse, la Norvège, le Canada et à New York — en présence de l’actrice Meryl Streep le dimanche 8 mars à l’occasion de la Journée internationale de la femme — la réalisatrice a appris récemment qu’il ne serait pas diffusé en Inde. En effet, Rajan Bhagat, porte-parole de la police de New Delhi a déclaré à l’AFP :
Nous n’avons vu que des extraits promotionnels du film. À partir de cela, nous avons porté la question devant la justice car nous pensons qu’il pourrait provoquer la crainte d’une atteinte à l’ordre public.
Une censure que la réalisatrice, qui reste convaincue que diffuser son documentaire est une manière de rendre compte de l’ampleur de ce phénomène inquiétant, a dû mal à comprendre. Mais selon elle : « Plus ils essaieront d’empêcher le film, plus l’intérêt des gens sera vif. Maintenant, tout le monde va vouloir le voir« . Et elle n’a pas tort.












