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Cette start-up veut révolutionner la mode avec ses colorants écolos faits à partir de bactéries

Cette start-up veut révolutionner la mode avec ses colorants écolos faits à partir de bactéries

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Par Julie Bluteau

Publié le

Une encre conçue à partir de bactéries

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« Il y a une urgence à arrêter d’utiliser des matières fossiles comme le pétrole. Les dégâts considérables causés aux écosystèmes, au climat mais aussi à notre santé sont connus de tous. C’est particulièrement vrai dans le domaine du textile, qui est la deuxième industrie la plus polluante au monde, dans laquelle 99,9 % des colorants utilisés en teinture sont d’origine pétrochimiques. »

De l’atelier pédagogique à la start-up

« PILI travaille avec des matières renouvelables, moins d’énergie et des usines microscopiques et écologiques : les bactéries. Certaines d’entre elles s’avèrent capables de transformer leur nourriture (principalement du sucre) en colorants très semblables en termes de propriétés à ceux que l’on porte aujourd’hui et qui sont issus de la pétrochimie. »

Ce procédé de fermentation n’est pas nouveau. Néanmoins, ce qui l’est beaucoup plus, c’est d’appliquer cette technologie à la création de colorants et de la perfectionner grâce aux outils les plus récents de la biologie moderne.

Élargir le champ des possibles

« Pour prétendre à une alternative écologique, la solution doit être réalisée à grande échelle, sans causer de dommages aux écosystèmes, ni à notre santé, et bien entendu être accessible (donc compétitive) pour que le plus grand nombre en bénéficie. C’est aussi pour inscrire durablement ces nouveaux modes de production que nous avons besoin de communiquer sur leur nature, afin de démonter les a priori et amener la société à se mobiliser pour encourager ces initiatives qui vont être de plus en plus nombreuses. »

Pointée du doigt pour ses excès, ses gâchis, son manque de transparence et de respect pour celles et ceux qui travaillent dans les manufactures, les acteurs de l’industrie de la mode doivent obligatoirement s’imposer une prise de conscience :

« Il y a beaucoup à faire, à tous les niveaux. Les marques sont d’ailleurs très nombreuses à nous solliciter. Elles ont bien compris que la prise de conscience écologique rend le consommateur beaucoup plus sensible à ce qu’il achète. À la fin, c’est lui, c’est nous qui avons le pouvoir, chaque achat est une sorte de bulletin de vote. Certaines marques plus engagées que d’autres soutiennent nos efforts de développement à travers des aides, du coaching, des tests. Nous travaillons main dans la main avec elles pour adapter nos produits aux besoins des consommateurs. Ces marques seront parmi les premières à utiliser nos colorants pour leurs produits. »

Bousculer les mentalités

Concevoir des colorants à partir de bactéries, voilà qui a de quoi en déconcerter plus d’un. PILI espère donc faire évoluer les mentalités à ce niveau-là, comme l’affirme sa directrice de la création Marie-Sarah Adenis :

« On pourra dire que notre objectif aura été atteint quand des personnes porteront des vêtements teintés avec nos colorants ! Mais également lorsque le grand public sera conscient que le microcosme est plein de trésors et que les bactéries ne sont pas toutes synonymes de maladie, loin de là ! »

Aujourd’hui, à l’heure où l’écologie et le respect de l’environnement représentent des enjeux fondamentaux et capitaux de notre société, les initiatives de ce genre se multiplient.
Parmi elles, la bio-impression représente le futur de la médecine, comme l’ont démontré des chercheurs américains de l’université de l’Illinois. Ces derniers ont mis au point un nouveau biomatériau à base de sucre qui pourrait avoir un impact significatif sur l’ingénierie médicale, la recherche sur le cancer et la fabrication d’outils médicaux. D’autant plus qu’il est biodégradable : « C’est une excellente façon de créer des formes autour desquelles nous pouvons modéliser des matériaux mous ou faire pousser des cellules et des tissus ; ces formes peuvent se dissoudre ensuite. Par exemple, on peut imaginer faire pousser des tissus ou étudier les tumeurs dans un laboratoire », a ainsi précisé Rohit Bhargava, professeur de bio-ingénierie et directeur du Cancer Center de l’Illinois, au site 3D Natives.
Une chose est sûre : le futur se dessine et il s’inscrit plus que jamais dans une démarche éco-responsable. Merci la nature et merci les bactéries !