AccueilArchive

C’est quoi le “upskirting” ?

C’est quoi le “upskirting” ?

avatar

Par Antoine Le Lay

Publié le

Du voyeurisme facilité par les nouvelles technologies et largement relayé sur des sites spécialisés.

À voir aussi sur Konbini

(© Masuzu Natsukawa)

Le plaisir de porter une jupe cet été pourrait bien être freiné par une nouvelle pratique à la mode chez certains amateurs de voyeurisme : le upskirting. Une expression anglaise qui caractérise le fait de regarder, ainsi que de prendre en photo ou filmer, l’intimité d’une femme sous sa jupe.

Amplifié par l’explosion du porno amateur et des communautés échangeant leurs propres clichés, le upskirting est devenu la nouvelle tendance de certains voyeurs qui, armés de leurs smartphones, volent ces clichés à la volée dans la rue ou les rames de métro.

Mais comme le revenge porn pendant un temps (la pratique est punie en France depuis 2016), le upskirting est absent de la législation française. Un vide législatif que certain·e·s espèrent combler en alertant l’opinion publique.

Réveiller l’opinion

Anna Dovgaliouk est une Russe d’à peine 20 ans. D’ordinaire, si vous parcourez son compte Instagram, la jeune femme vous régalera de selfies pris dans des endroits idylliques et parfaitement optimisés pour drainer un maximum de likes. Et pourtant, en 2017, elle est devenue l’incarnation du “ras-le-bol” face à la montée endémique de l’upskirting en Russie. C’est à ce moment-là qu’elle a décidé de publier une vidéo afin d’alerter les citoyens et le gouvernement.

Dédié “aux voyeurs qui matent sous les jupes des filles”, son clip intitulé “Qu’y a-t-il sous ma jupe ?” la montre à divers endroits du métro en train de soulever… sa jupe. Un concept simple pour un objectif beaucoup plus puissant : réveiller les consciences autour de ce sujet ignoré par la société.

Car jusqu’à maintenant, les recours permettant aux femmes de saisir la justice lorsqu’elles sont victimes d’upskirting sont encore très limités.

La tentative anglaise

En Angleterre, une députée a décidé de faire de ce sujet sa priorité. Wera Hobhouse, parlementaire libérale-démocrate, a présenté un projet de loi contre l’upskirting dont la peine pourrait aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement.

(© Wera Hobhouse/Instagram)

Rejetée par un député conservateur, la proposition a – heureusement – été récupérée par le gouvernement britannique. Le projet de loi sera ainsi débattu avant la pause parlementaire du 28 juillet et, on l’espère, montrera la voie aux autres pays européens.

Chargement du twitt...

“Ravie d’annoncer que ma proposition de loi sur le upskirting a déclenché une rare procédure parlementaire, dont le but est de faire passer cette législation au Parlement ASAP. La première lecture est demain, et la deuxième pourrait arriver le 2 juillet. Ça arrive !”

Flou juridique en France

En France, faire appel à la justice pour les victimes d’upskirting est compliqué mais pas impossible.

Légalement, il ne s’agit pas d’agression sexuelle car il n’y a pas de contact. La pratique est donc considérée comme du voyeurisme et se heurte aux limites d’une législation qui n’a pas expressément statué à ce sujet.

Un imbroglio juridique qui nous laisse avec une question en suspens : mais que fait la France pour prendre les choses en main ?