Inutile, mais lucratif
Mais si vous ne savez toujours pas très bien à quoi tout ça sert, gardez à l’esprit que les inventeurs de ces applications, eux, comptent bien profiter de leur succès. L’exemple de Yo parle de lui-même lorsqu’il s’agit de prouver que ce business du vide peut s’avérer lucratif. Après avoir été téléchargé plus de 2 millions de fois à la mi-juillet, Yo avait levé quelque 1,5 million de dollars (environ 1,2 million d’euros) de promesses de la part d’investisseurs intéressés. L’appli israélienne a été estimée entre 5 et 10 millions de dollars (entre 4 et 8 millions d’euros). Son seul et unique intérêt ? Devenir le texto du pauvre.
Incapable de comprendre les raisons de tels investissements, Rohith Veerajappa, co-fondateur d’une entreprise de développement d’application indien, n’a pas hésité à manifester sa frustration : « Nous ne comprenons pas comment des investisseurs peuvent balancer leur argent dans quelque chose d’aussi absurde que Yo », explique-t-il à Quartz India. « Nos start-ups en Inde luttent tant pour récolter de l’argent… »
Pour manifester sa déception – et tenter d’attirer un peu le regard sur elle – sa boîte Wow Labz a donc créé Aiyo, une copie de Yo qui envoie ce mot indien, qui signifie apparemment « Déception » en Inde… et plus ou moins « Aïe » en Chine. Attaque frontale au financement de Yo, Aiyo clame dès sa page d’accueil : « Nous avons besoin d’un million de dollars nous aussi ! » Après tout, pourquoi pas ?
Tout aussi sibyllin, « Beer ?! » revendique déjà 10 000 utilisateurs et prétend qu’ils envoient chacun d’eux en moyenne 20 « Beer ?! » au quotidien. Même si c’est marrant d’envoyer « Beer ?! » à ses potes, rappelons que l’alcool est dangereux pour la santé et doit se consommer avec modération. Les applis idiotes aussi.
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