Une équipe de chercheurs vient de découvrir un canyon gigantesque, deux fois plus large que le Grand Canyon, sous la couche de glace antarctique.
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L’Antarctique n’a pas toujours été ce désert de glace invivable à la surface duquel rien, absolument rien, ne saurait pousser. Il y a 100 millions d’années, c’était un territoire à la végétation luxuriante, couvert d’une dense forêt. Grâce aux découvertes d’une équipe de géologues, on sait désormais que le Continent blanc abrite également le plus vaste canyon du monde, qui serait – tenez-vous bien – deux fois plus grand que le Grand Canyon américain.
En analysant des données satellites, l’équipe dirigée par un géologue de l’Université de Durham (Angleterre) a découvert la trace de ce canyon monstrueux dans l’est du territoire, une zone largement inexplorée appelée Princess Elizabeth Land (PEL) et sujette à d’intenses campagnes de recherche. Selon l’étude, publiée dans la revue Geology, le canyon serait absolument invisible à l’œil nu et sa découverte aurait été permise grâce à l’étude de motifs très particuliers dans la calotte glaciaire.
La dernière grande découverte géomorphologique à la surface de la Terre
Selon les premiers relevés effectués, la crevasse pourrait mesurer environ 1 000 kilomètres de long et, par endroits, descendre à un kilomètre de profondeur. À titre de comparaison, le Grand Canyon mesure 450 kilomètres de long, mais atteint des profondeurs équivalentes. De plus, cet immense canyon pourrait être relié à un non moins immense lac souterrain de 1 250 kilomètres carrés (le lac d’Annecy, par exemple, mesure 28 kilomètres carrés de superficie), précise la BBC.
Si la majorité du territoire antarctique a déjà fait l’objet de cartographies souterraines par radar, cette découverte se situe dans l’un des deux « pôles d’ignorance » que sont les zones dites « PEL » et « Recovery Basin », intensément cartographiées par des équipes de chercheurs de différents pays dans le but de parvenir à une cartographie exhaustive de ce territoire invisible de 14 millions de kilomètres carrés. En tout, ce projet aura pris près de cinquante ans à être réalisé. Selon le professeur Martin J. Siegbert, co-auteur de l’étude et joint par IFLScience, « cette région est probablement la dernière partie de l’Antarctique à être ainsi explorée (…) et ce canyon sera sans doute la dernière particularité géomorphologique majeure découverte à la surface de la Terre. » Les résultats définitifs de l’étude seront présentés dans le courant de l’année.












